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CINQUIÈME
MEMOIRE
SUR LES OBJECTIONS FAITES CONTRE LE CANAL DU CHAROLAIS.
Janvier 1780.
Il n’y a aucun projet, quelque utile qu’il puisse être, qui ne soit sujet à desobjections : ce n’est même que par leur discussion que l’on vient à bout d’enmettre en évidence tous les avantages.
Les auteurs d’une grande entreprise, loin de craindre qu’on leur oppose desraisons contre leurs projets, doivent, au contraire, souhaiter que l’on n’en né-glige aucune. Us sont le plus intéressés à connaître les inconvénients qui serencontrent toujours dans les projets les mieux concertés, afin de chercher lesmoyens d’y remédier.
Deux projets de canaux, par le moyen desquels on peut communiquer auxdeux mers par la Bourgogne , ont depuis longtemps occupé le gouvernement.Chacun de ces projets a eu ses partisans et ses adversaires : mais l’on se seraitépargné bien des disputes si l’on eût fait réflexion que ces deux canaux avaientdes objets d’utilité très différents, comme je l’ai démontré dans un autre mé-moire, et que l’un ne nuit point à l’autre. Cependant, l’envie que chacun avaitde faire prévaloir son projet a donné lieu à différentes objections contre l’unet l’autre de ces canaux; ces objections se sont renouvelées il y a quelquesannées contre celui du Charolais, et comme elles se trouvent en partie consi-gnées dans un livre fait par un homme de mérite, j’ai cru qu’il était à proposde les discuter avec attention ; ce qui est d’autant plus facile à présent que leprojet de ce canal vient d’être fait dans le plus grand détail, tandis que jus-qu’ici l’on n’en avait encore parlé que sur des probabilités.
Le canal de communication des deux mers, par les rivières de Saône et deLoire, est le premier que l’on ait proposé en France (I). Il est, sans contredit,
(1) Voyez le livre des Canaux de >1. de Lalande, page 220.