Buch 
Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
Entstehung
Seite
164
JPEG-Download
 

— m —

le plus utile de tous ceux que l’on peut faire dans ce royaume, puisqu'il réunitpar le centre le commerce des deux mers. Il est aussi le plus facile dans sonexécution et le moins dispendieux, et l’on peut encore aisément faire voir qu’ily a peu de cantons dans le royaume où un canal fût plus nécessaire que dans leCharolais, pour l'exportation d’une grande quantité de marchandises d'un grosvolume que produit le pays, et qui y sont comme inutiles par les frais qu’oc-casionneraient les transports par terre. Mais la première chose à considérer estsa possibilité, car il est certain que tous ces avantages deviendraient nuis sielle n’était pas constatée authentiquement.

ARTICLE PREMIER.

Possibilité du canal.

Celte possibilité a été contestée jusqu’à présent. M. Thomassin avait été chargé,sous la régence, d’examiner ce projet, et il est très probable qu’il en a fait lesplans et les nivellements, mais ils n’ont pas été rendus publics, et il n’en ditpas assez dans ses écrits pour ne laisser aucun doute sur cet objet. MM. Per-ronel et de Chézy, qui avaient été envoyés, en 1761, en Rourgognc, pour y re-cueillir tout ce qui avait déjà été fait concernant les travaux projetés dans cetteprovince, examinèrent les étangs de Long-Pendu, dont M. Thomassin comptaitse servir pour fournir toutes les eaux au point de partage: et comme ils ne lestrouvèrent pas assez considérables, ils craignirent que l'on ne put pas en ras-sembler suffisamment pour une bonne navigation. En conséquence, ils ne s’at-tachèrent pas à examiner en détail les autres parties de ce projet. Ils convien-nent cependant que, si l’on avait assez d’eau, ce canal aurait plusieurs avantagessur celui de Saint-Jean-de-Lône, à l’Armençon, mais qu’il aurait aussi plusieursinconvénients qui n’existeraient pas dans celui-là. M. de Lalande, dans son livredes Canaux, rapporte les principales objections que l’on a faites contre celui duCharolais, et surtout celles qui décidèrent ces ingénieurs à ne pas adopter ceprojet de préférence à celui de Dijon . Il commence par annoncer que des diffé-rents projets qui avaient été proposés en Bourgogne , au président Jeannin,contrôleur-général des finances, il y a lieu de croire que la communication dela Saône à la Loire parut alors préférable (1) à celle de la Saône à la Seine ,puisqu'on commença par le canal de Briare, qui se liait naturellement à celui

(t) Voyez M. de Lalande, pages 24G, 247, 230,