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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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les marchandises d’un gros volume qui sont conduites par les bateaux des parti-culiers. On ne conduit de Lyon à Châlons par les coches que les marchandisesqui sont chères par elles-mêmes, et sur lesquelles le prix du transport ne peutjamais faire un objet important, eu égard à leur valeur, et, s’il y a quelques-unes de ces marchandises qui remontent par les bateaux ordinaires, les voitu-riers par eau ne les font payer que peu de chose au-dessous du prix que prendla ferme, parce qu’il n’y a point de concurrence. Le commerce actuel pourremonter de Lyon à Châlons n étant pas considérable, on ne charge jamais lesbateaux à charge pleine, mais seulement lorsqu’on fait remonter à vide destrains de bateaux, on y charge quelques marchandises. Il n'en sera pas de mêmelorsque l’établissement du canal donnera lieu à une branche de commerce unpeu étendue, parce qu’alors on évitera les frais des commissionnaires que l’onest obligé d’avoir à Châlons , et qu’au moyen de la concurrence on ne paiera quela dépense des chevaux et mariniers, et un bénéfice honnête pour celui quifournit le bateau.

Pour faire la comparaison de ce qu’il en coûte pour le transport de Lyon àDigoin par Roanne ou par le canal, on doit nécessairement le fixer sur la denréedont le transport est le plus ordinaire; c’est le blé.

Les490 kilogrammes de blé coûtent 5 fr. 10 c., compris les droits, en descen-dant de Châlons à Lyon , et 6 fr. 90 c. en remontant. La traversée du canal, à23 c. par lieue, coûtera 6 fr. 10 c., et par conséquent les 490 kilogrammes deLyon à Digoin par le canal coûteront 13 fr., et de Digoin à Lyon 11 fr. 20 c.Le transport de Lyon à Digoin par Roanne coûtant effectivement, comme le ditM. Perronet, 18 fr. en descendant au moins, on voit qu’il y a encore à gagner5 fr., et comme en allant de Digoin à Lyon il coûte 22 fr. en montant, il y a9 fr. à gagner, ce qui fait moyennement plus d’un tiers de bénéfice, sur quoi ondoit observer que depuis 1764, où M. Perronet a fait son calcul, le prix desvoitures par terre a beaucoup augmenté, et effectivement le transport de Lyon à Roanne revient actuellement à environ 13 fr. 43 c., y compris les frais dedépôt, au lieu de 13 fr. Il n’a compté le transport sur la Loire qu’en descen-dant, et il est bien plus considérable en remontant. Par conséquent, il n'y apas à craindre que l’on préfère jamais le transport par Roanne à celui par le canaldu Charolais, et d’ailleurs ce commerce n’est pas à beaucoup près le seul, nimême le principal objet de ce canal. On observera encore que quand le bénéficemoyen sur le transport serait moindre de 7 fr. 50 c. par 490 kilogrammes,quand même il serait nul, les commerçants de Lyon prendraient toujours la