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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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voie du canal, parce qu’ils auraient l’avantage de faire charger chez eux et sousleurs yeux toutes leurs marchandises, pour n’ètre plus déplacées qu’à leur desti-nation. Us ne les feraient partir que lorsque la navigation serait bonne, ils n’es-suieraient aucuns retards , et ils éviteraient encore les frais de "chargements etdéchargements, ceux des commissionnaires et de dépôt. D’ailleurs Roanne étantle premier endroit où la Loire commence à être navigable, celte navigation estfort difficile de Roanne à Digoin , souvent même elle est, dans cette partie, im-praticable , tandis qu’elle est bonne au-dessous de ce dernier port ; on souffreencore beaucoup de retard à cet égard, et de plus il faut attendre qu’il y ait assezde marchandises pour charger chaque bateau. Ces derniers inconvénients sontcertainement bien considérables, puisqu’ils engagent à préférer d’envoyer la plu-part des marchandises par terre plutôt que par la Loire , quoiqu’il en coûtebeaucoup davantage.

ARTICLE VI.

Longueur du temps des constructions.

On craint, dit-on, que l’on ne soit environ vingt ans à construire le canal,parce qu’on ne pourra pas rassembler une assez grande quantité d’ouvriers dansla province pour la construction de tous les ouvrages, et que ce retard augmen-terait alors de beaucoup la dépense à cause de l’intérêt des emprunts que l’onaurait à payer.

On a déjà démontré que la dépense totale du canal ira au plus à huit millions,mais il s’en faut de beaucoup que cette somme soit entièrement employée aupaiement des ouvriers. Il en faut déduire les dédommagements des terrains, lesfaux frais, le bénéfice des entrepreneurs, etc.; et l’on ne doit compter seulementque sur les déblais, les ouvrages de maçonnerie, de charpente, etc., qui montenten totalité 4,548,502 francs.

Les conrois, déblais, escarpements de rochers, gazonnages, plantations, etautres ouvrages qui peuvent se faire par des manœuvres et pionniers, montentà 1,925,855 francs, dont 1 ,759,111 francs pour la main-d’œuvre. Si l’on cons-truit le canal en six années, on dépensera pour cet objet 293,185 fr., et commeon peut travailler environ deux cent soixante jours à cet ouvrage, on dépenserapar jour de travail 1128 francs. Les pionniers gagnent ordinairement un fr. 25 c.par jour, et les manœuvres un franc. On voit qu'en employant autant des uns