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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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La longueur de l’Arroux depuis Digoin à Pouilly est de vingt-quatre lieuesau moins. 11 faudrait faire un canal sur la moitié de cette longueur, avec qua-rante écluses de 2,6 mètres de cliûte. Le reste de la rivière peut être rendunavigable, en y faisant environ vingt écluses de 1,3 mètre de chute. Tous cesouvrages reviendraient environ aux deux tiers de la dépense du canal du Cha-rolais, et il n’y a aucune apparence que l’on se déterminât jamais à faire unepareille dépense, eu égard au peu d’utilité dont serait ce canal, qui ne pour-rait être fréquenté que par les denrées qui croissent sur ses bords. Elles neconsistent qu’en bois depuis Autun à Arnay-le-Duc, et ils n’y sont pas mêmeen grande quantité. Il y a du blé pour le reste, mais comme il est proche ducanal de Dijon , il s’y exportera aisément. Il est donc bien certain que, quandmême on ferait un canal de Pouilly à Digoin , il ne pourrait aucunement nuireà celui du Charolais, et d’ailleurs on sait que la quantité d’eau que l’on pourrarassembler au point de partage de Pouilly, quoique probablement suffisantepour le canal de Dijon , ne le serait peut-être pas pour une augmentation denavigation, parce que l’on a rassemblé toutes les eaux que l’on pourrait y con-duire en les allant même chercher à une très grande distance.

ARTICLE X.

Navigation des rivières de Dheune et de Bourbince.

Pour diminuer la dépense du canal du Charolais, quelques personnes ontpensé que l’on pourrait se contenter de rendre navigables les rivières de Dheuneet de Bourbince jusqu’à une certaine distance de leur source, afin qu’il ne restâtà faire qu’un portage de quatre à cinq lieues; et lorsque le produit de cette navi-gation aurait démontré son utilité, on pourrait, dit-on, compléter la commu-nication de la Saône à la Loire , en faisant les ouvrages du point de partage.

On observe d’abord que, dès qu’on laisserait un portage à faire, ne fùt-il quede trois à quatre lieues, il entraînerait tous les inconvénients des chargements,déchargements, dépôts, retards, et frais de commission ; qu’alors, comme on seservirait fort peu de cette navigation, il serait impossible de juger par là de ceque pourrait produire le canal lorsqu’il serait ensuite terminé, d’autant plus quela Dheune ne servirait aucunement pour le transport des vins, attendu que laplupart des vignobles ne sont pas éloignés de la Bourbince, et, quant à ceux quisont le long de la Dheune. on ne pourrait se servir de cette rivière que sur deuxà trois lieues de longueur, ce qui ne serait pas un avantage assez considérable