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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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qu’ils verront qu’en y remédiant à peu de frais ils augmenteraient de beaucoupleur revenu, ils ne manqueront pas de le faire, surtout lorsqu’ils seront bienconvaincus qu’en changeant seulement la hauteur de la chiite des premièresécluses, on augmentera du double la quantité de bateaux que l’on pourrait fairepasser par le canal, et qu’en séparant les écluses accolées de Rogny, ou enfaisant cà côté des réservoirs pour en ménager l’eau, on augmentera encorebeaucoup le nombre des bateaux que l'on pourra y faire passer. Si l’on neprenait pas ce parti on pourrait, en cas de besoin, descendre six lieues de pluspour aller prendre le canal d’Orléans, et l’on ne mettrait souvent pas plus detemps que l’on en met actuellement aux écluses de Rogny, lorsqu’on est obligéd’attendre qu’il y ait plusieurs bateaux pour les faire passer de suite.

ARTICLE IX.

Canal de l’Arroux depuis Pouilly en Auxois.

On objecte enfin que l’Arroux allant être navigable, il sera facile de joindrecette rivière avec le grand canal de Bourgogne , et qu’alors le canal du Charolaisperdrait le commerce qu’il aurait.

L’idée do joindre l’Arroux au canal de Dijon avait été renouvelée parM. Abeille, pour tâcher de répondre aux objections qu’on lui faisait, et pourdonner une communication de la Saône à la Loire , dont il sentait toute Futilité.Mais il est aisé de voir que ce projet n’est qu’une idée qui ne peut soutenir l’exa-men. On remarque en effet que pour aller de Chûlons à Digoin par le canal del’Arroux on ferait trente-une lieues de plus, et que l'on passerait au moinssoixante-dix écluses de plus que par le canal du Charolais, ce qui augmente-rait la traversée de quatre à cinq jours; et comme il n’y aurait par terre que letiers de la longueur de ce canal, il n’v aurait aucun avantage à s’en servir, en met-tant les droits ordinaires des canaux, puisque le transport de 490 kilogrammes demarchandises par terre ne coûterait que 7o c. de moins, à raison de 2o c. parlieue, elemployerait cinq jours de plus. Cette communication ne pourrait certai-nement pas servir pour le commerce de Paris à Lyon, ni de Lyon à Paris , puis-que le chemin par le canal de Tonnerre est de trente lieues plus court. Elle nepourrait pas meme être bien utile pour transporter des marchandises d’Orléans àEludons, puisque l’on aurait quatre-vingt-seize lieues en passant par Digoin ,Autun , Pouilly, et que l’on en aurait quatre-vingt-treize en passant par le canald'Orléans et celui de Dijon , ce qui ne fait pas une différence bien considérable.