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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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Canal <hi Cliarolais.

employé à voyager; mais qu’en considérant les retours de Paris à Lyon , quisont cependant beaucoup moindres que les transports de Lyon à Paris , ce seraitle canal de Bourgogne qui devrait être préféré.

Mais comme ce n’est pas seulement sur la longueur du temps que l’on em-ploiera à parcourir ces différents canaux qu’il faut établir cette préférence, quele commerce qui s’y établira est l’un des objets principaux qui doit décider,qu'il faut aussi mettre en considération la dépense des constructions, la difficultéde l’exécution, les différentes relations que ces canaux peuvent avoir les unsavec les autres, il est nécessaire de les examiner chacun en détail sous ces diffé-rents points de vue, afin que l’on puisse connaître si réellement la constructionde tous serait utile, ou si rétablissement de quelques-uns ne rendrait pas lesautres inutiles; et enfin si l’on en pourrait construire plus d’un avec de grandsavantages.

Le canal du Cliarolais a été le premier que l’on ait proposé en France ; lecanal de Briare ne fut même entrepris que parce que le grand Sully était con-vaincu que ce canal réuni à celui du Cliarolais devait opérer la communicationla plus importante que l’on put procurer au royaume.

L’objet principal de ce canal est le commerce de la Loire et des marchandisescjui viennent par l’Océan, et le port de Nantes aura toujours pour cet objet lapréférence sur tous les autres ports de la même mer, parce que la rivière qui yaboutit traversant le royaume par son milieu, on peut transporter les marchan-dises qui y débarquent dans le nord de la France par le canal de Briare. etdans le midi et le couchant par le canal du Cliarolais. Mais un de ses plus grandsavantages, c’est qu’étant situé avant la pointe de la Bretagne , il est le seul portcommercant où l’on puisse aborder en temps de guerre, puisque tous ceux dela Manche deviennent alors impraticables.

Quelque avantageux que paraisse être ce canal, par rapport au commercede la France , en réunissant par son centre le commerce des deux mers, on peutencore aisément démontrer qu’il y a peu de cantons dans le royaume où uncanal fût plus nécessaire que dans le Charolais, pour l’exportation des marchan-dises d’un gros volume que produit le pays, et qui y restent comme inutiles parles frais qu’occasionnent les transports par terre.

Trois articles seuls seraient suffisants pour dédommager des frais de l’entre-prise : 1° tous les vins de Bourgogne que l'on boit à l’ordinaire , qui sont ceuxque l'on transporte en plus grande quantité à Paris , sont situés sur les côtesqui bordent la moitié de l’étendue de ce canal : 2° l’autre moitié est garnie de la