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quantité immense des bois du Charolais , qui n’ont aucun débit, et que l’onporterait à Lyon et tout le long du Rhône , où ils sont fort rares.
3° Les mines de charbon de terre de Mont-Ccnis, Blanzy , Saint-Berain , sontsituées vers le milieu de sa longueur, et ces charbons sont également à portéed’être exportés sur la Loire et sur la Saône . L’exploitation en est même siavantageuse que, quoiqu’il y ait actuellement huit lieues de transport par terrepour les mines de Mont-Cenis, et qu’il n’y en ait que quatre pour le charbon deGivors que l’on conduit à Lyon , il y a cependant concurrence dans ce commerce.
Ces trois objets de commerce sont particuliers au canal du Charolais. Le com-merce de transit des marchandises étrangères, ou de celles qui seront transpor-tées d’une extrémité du royaume à l’autre, sera à-peu-près le même pour tousces canaux. Il en est de même du commerce d’importation pour Lyon et Paris .
La facilité de l’exécution du canal du Charolais est encore un de ses princi-paux avantages. Il traverse, comme tous les canaux par lesquels on voudra fairecommuniquer l’Océan à la Méditerranée, la chaîne de montagnes qui sépare lessources qui coulent dans l’une et l’autre mer ; mais il la traverse dans un endroitoù elle est fort basse, dans une interruption de cette chaîne formée par la nature,et qui est probablement unique; son point de partage, qui se trouve dans celteinterruption, est de 92 mètres plus bas que celui du canal de Bourgogne , quel’on doit cependant creuser de près de 26 mètres sous le seuil de Pouilly; il estaussi de 78 mètres plus bas que le point de partage du canal du Beaujolais , quidoit néanmoins passer sous une montagne fort élevée au-dessus de ce point departage; et il est de 209 mètres plus bas que le point de partage du canal duForez. Cette position lui donne l’avantage sur tous ces canaux, non seulementd’exiger beaucoup moins d’écluses, mais encore de pouvoir rassembler à sonpoint de partage une quantité d’eau beaucoup plus considérable, puisque, étantdominé par de hautes montagnes voisines, toutes les sources qu’elles fournissentpeuvent y être conduites avec la plus grande facilité. Je n’entrerai pas actuelle-ment dans un plus grand détail sur ce canal, dont j’ai fait voir les avantages dansun mémoire particulier, mais je m’étendrai davantage sur ceux du Forez et duBeaujolais.
Le canal du Beaujolais est celui par lequel la communication de Lyon à Paris serait la plus courte, et où l’on emploierait le moins de temps pour faire levoyage ; il y a quarante-cinq écluses de plus à traverser que par le canal duCharolais; mais il y aurait vingt-sept lieues de longueur de moins, ce qui épar-gnerait un jour et demi de navigation, et lui donnerait sans contredit un grandavantage sur celui-ci.