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il y aurait à peine la place du canal et de la rivière, et que I on ne pourrait faireautrement que de les séparer par des murs ou digues, qui sont toujours dange-reuses et très dispendieuses. Il y a en outre une quantité de ruisseaux qui. aumoindre orage, deviennent des torrents, dont la ripidité emporterait les écluseset autres ouvrages si on les recevait dans le canal. Il faudrait nécessairementles faire passer au-dessous par de grands aquéducs qui augmenteraient de beau-coup la dépense , les montagnes étant beaucoup plus élevées et plus rapides dansce canton que dans celui du canal du Charolais ; de sorte qu'il est bien aiséd’apercevoir que, quoique le canal du Beaujolais soit d’un quart moins long quele canal du Charolais, il coûterait cependant beaucoup davantage, par rapportaux difficultés locales, et au plus grand nombre d’écluses et de grands aquéducsqu’il exigerait.
D’ailleurs, quoique la Loire soit navigable à Roanne , où aboutirait ce canal,cependant il s’en faut de beaucoup qu’elle le soit autant qu’à Digoin , qui estplacé quinze lieues plus bas, parce qu’elle reçoit dans cet intervalle quantité deruisseaux, et même des rivières assez considérables, et la navigation éprouvesouvent par cette raison des retards qui n’ont pas lieu à Digoin , et qui doiventcompenser et au-delà le trajet de vingt-six lieues et demie de plus qu’il y a àfaire par eau pour aller de Lyon à Digoin par le canal du Charolais, plutôt quepar celui du Beaujolais, quand même celui-ci, au moyen du percement de mon-tagne de deux lieues de longueur, n’aurait pas beaucoup plus d’écluses que lecanal du Charolais, et quand même ce percement ne serait pas lui-même uninconvénient plus grand que les douze lieues de longueur de plus.
Le canal du Forez a été commencé depuis le Rhône jusqu’à la ville de Rivede Giez, sur plus de trois lieues de longueur; il est praticable depuis le prin-temps de 1781, et s'il était fait en entier il n’aurait pas même la moitié de lalongueur de celui du Charolais; le chemin par eau de Lyon à Paris serait abrégéde près de vingt lieues en prenant cette voie, plutôt que celle du canal du Charo-lais- II est fini sur trois lieues et demie de longueur; il est donc naturel de penserqu'il serait plus à propos de le continuer que d’en commencer un autre ; la pos-sibilité parait avoir été reconnue, son utilité parait évidente. 11 a été entreprispour l’exportation des charbons de terre sur le Rhône, et principalement à Lyon ,et servirait aussi pour transporter cette marchandise sur la Loire . Ces mines sontpour le moins aussi abondantes, et l’exploitation en est plus ancienne et plusconnue que celle des mines du Charolais. Les manufactures de Saint-Etienne ,soit pour la ferrure des bâtiments, soit pour la fourniture des armes des troupes.