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en tireraient un grand avantage, tant pour l’importation des fers en barre quepour l’exportation des fers de fenderies et des fers fabriqués. On y transporteraitaussi des planches de sapin que fournissent avec assez d’abondance les montagnesdes forêts voisines du Mont-Pila. Les vins de Languedoc qui remontent leRhône prendraient celte voie bien plutôt que celle de terre. Enfin il y passeraitune grande quantité des marchandises qui sont conduites de Lyon à Paris . Cepen-dant on doit convenir que, par rapport au dernier article, ce canal serait beau-coup plus nuisible à la ville de Lyon qu’il ne lui serait utile : celte ville estl’entrepôt des marchandises de Provence et du Languedoc , cl même de cellesqui viennent de l’étranger, et qui débarquent à Marseille pour être transportéesà Paris , et dans tout le nord et le couchant du royaume ; et si le canal du Forezétait fait, la petite ville de Givors serait nécessairement cet entrepôt, puisquel’on ne viendrait certainement pas apporter toutes ces marchandises à Lyon pourles rapporter ensuite à Givors , en faisant plus de douze lieues, tant en remontantqu’en descendant le Rhône . Ces marchandises, formant presque en totalité lecommerce de Lyon , qui se ferait alors par eau, pourraient charger près dequatre cents bateaux du poids de 59000 kilogrammes, suivant les relevés faitspar ordre de l’intendant de Lyon à l'occasion de ce canal, et comprennent lamajeure partie du commerce de commission qui se fait entre Lyon et Paris , àl’exception du produit des manufactures.
Après avoir examiné le canal du Forez par rapport à son commerce, et faitvoir que les désavantages qui en résulteraient équivalent au moins aux avantages,puisque l’intérêt de la seconde ville du royaume, où les établissements de com-merce son tout faits, serait très fort compromis, je chercherai à faire voir queles défauts de la localité sont ici plus grands que dans tous les autres.
1° La pente du terrain est si rapide dans le canal du Forez qu’il faudrait yconstruire deux cent six écluses de 2,6 mètres de chùte, tandis qu’il n’y en auraitque quatre-vingt pour le canal du Charolais. Il y aurait par conséquent cent-vingt-six écluses de plus que dans ce canal, ce qui augmenterait le temps de latraverse de trente-deux heures, tandis que les vingt lieues de longueur qu’ily a de moins de Lyon à Digoin ne la diminueraient que de vingt heures.
2° La plus grande partie des écluses se trouve dans la partie qui n’est pas faite.11 y en aurait près de deux cents sur dix lieues et demie de longueur, de sorteque, pour parcourir ccs dix lieues, que l’on ferait aisément dans un jour parterre, il en faudrait près de cinq par le canal.
5° Si la route par ce canal est plus longue d’une journée et demie que celle*** 26