nécessairement que ce point de partage se trouve dans un endroit de la chaînequi soit dominé par les montagnes voisines, afin d’acquérir la possibilité d’y con-duire plusieurs ruisseaux qui prennent leurs sources dans ces montagnes élevées.et que ces ruisseaux soient assez abondants pour fournir l’eau nécessaire à lanavigation,
On fait assez ordinairement suivre au canal la direction de quelques ruisseauxou de quelques-unes des petites rivières qui se jettent dans les grandes que l’ondoit joindre. 11 y a presque toujours entre ces rivières une chaîne de montagnesou un seuil qu’il faut franchir, et il s’agit de bien choisir quels sont les petits val-lons que l’on doit suivre. Il est probable que les meilleurs sont ceux qui aboutis-sent à l’endroit où le seuil est le plus bas, parce qu’alors on n’est obligé à cons-truire que le plus petit nombre d’écluses possible. Il est naturel de penser quece sera aussi à cet endroit où l’on pourra conduire la plus grande quantité d’eau.
Il pourra néanmoins arriver qu’en cherchant l’endroit le plus bas de la chaînede montagnes on fût obligé de faire un détour assez considérable pour perdredavantage de temps, et faire plus de dépenses en allongeant le chemin qu’enaugmentant le nombre des écluses en suivant un chemin plus court. Quelquescirconstances locales, ou quelques considérations relatives au commerce ou àune exportation importante, peuvent aussi déterminer à placer ce point departage dans un endroit où la chaîne de montagnes est plus élevée qu’ailleurs :mais ces cas doivent êtres rares.
Canaux souterrains.
Lorsqu’il se trouve quelque endroit où la chaîne de montagnes, quoiqueélevée, est étroite, et que l’on peut y faire un percement pour faire passer lecanal sous terre, on diminue quelquefois par-là considérablement le nombre desécluses et la longueur du trajet, et on le met aussi au-dessous de beaucoup desources que l’on n’aurait pas pu, sans ce moyen, conduire au point de partage.Souvent même il n y a d’autre voie que celle-ci pour exécuter un canal utile :mais il faut bien faire attention que l’on ne doit employer ces sortes de canauxsouterrains, surtout lorsqu’ils doivent avoir une certaine longueur, que lors-qu’on y est absolument forcé. Ils sont ordinairement très dispendieux ; il estrare que le percement se fasse dans un rocher assez solide pour qu’on n’ait pasbesoin d’y faire une voûte en maçonnerie capable de soutenir la masse qui estau-dessus, et cette voûte est toujours un objet très cher, eu égard à la solidité