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qu’elle doit avoir. Il peut aussi se trouver dans ces percements des terres sansconsistance, ou qui soient détrempées par des sources, et l’on a beaucoup depeine à les empêcher de couler ou à les arrêter, ce qui rend les déblais d’uneextrême difficulté.
Pour diminuer la dépense, qui est toujours très considérable pour exécuterces sortes de percements, on ne donne au canal que la largeur nécessaire pourfaire passer un seul bateau, et à la voûte que la moindre hauteur possible. Il enrésulte d’abord une gêne pour le commerce, en ce que deux bateaux ne peuventpas s’y rencontrer : il faut ou fixer différentes heures pour aller d’un côté oud’un autre, ou former des carrefours ou remises pour faire ranger un bateaupendant qu’un autre passe.
Mais un inconvénient beaucoup plus considérable que ceux-ci, c’est que lors-que la trouée est longue et pratiquée profondément en terre, on croit que l’airn’y est point sain : il circule difficilement malgré les puits que l’on peut y pra-tiquer; ces puits doivent néanmoins être en assez grande quantité, et rendentl’ouvrage dispendieux ; et il est très rare qu’ils puissent servir à éclairer le sou-terrain. Ce qu’il y a de certain, c’est que lorsque le vent enfile le percementdans un sens opposé à celui où l’on doit conduire le bateau, il agit si fortementcontre lui, qu’il est très difficile de le faire marcher.
Une observation assez importante qui a encore été faite à ce sujet, c’est quel’on éprouve beaucoup plus de difficulté pour tirer un bateau dans un canalétroit que dans un canal large. Celte difficulté est telle que l’on a remarqué qu’ilfaut deux fois plus de force ou deux fois plus de temps pour tirer un bateaudans un canal où il n’y aurait que le jeu nécessaire pour faire passer un seulbateau, que pour le faire passer dans un canal deux fois plus large que le bateau,ce qui est ici d’autant plus à considérer que dans les canaux souterrains onfait tirer les bateaux par des hommes, attendu qu’il faudrait donner aux mar-chepieds une très grande largeur si l’on y employait des chevaux.
Lorsque ces percements ne sont pas voûtés en maçonnerie, il se détache sou-vent du rocher qui forme la voûte naturelle des particules de pierre, qui à lalongue encombrent le canal, surtout lorsque le rocher est de nature à être dé-composé par l’humidité.
L’inconvénient n’est guère moins considérable lorsque l’on fait de grandesexcavations en talus : les pluies en détachent des parties en assez grande abon-dance pour combler le canal en peu de temps, et les contre-fossés ne sont pastoujours un remède à cet inconvénient.