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Il suit de là que l’on ne doit employer de grandes tranchées, et surtout descanaux souterrains, qu’avec beaucoup de circonspection. Cependant, dans lescanaux modernes, loin de les éviter, il semble au contraire que l'on ait cherchéà les employer. Au canal du Languedoc , on a fait un percement de 214 mètresde longueur, dont 156 mètres sont voûtés. Il y a apparence que la dépense de cetouvrage ne parut pas d’abord considérable, en ce que l’on ne comptait pas faireune voûte qui est devenue nécessaire par la suite. Mais on aurait d’autant mieuxfait de former une simple excavation, qu’il ne reste pas à présent plus de 7 mèt.à déblayer au-dessus des voûtes. Il est très probable d’ailleurs que l’on pouvaitéviter ce percement en détournant le canal de l’un ou de l’autre côté, et que l’onaurait évité en même temps les huit écluses de Béziers , qui ne laissent pas deformer un grand inconvénient, puisque l’on pouvait placer séparément cesécluses sur un coteau qui est très près.
M. Laurent avait commencé, au canal de Picardie, un percement de près detrois lieues de longueur , qui a été fort célèbre, tandis que l’on y travaillait.On l’abandonna après sa mort; et il y a quelque apparence qu’on ne le repren-dra pas.
On a fait au canal de Givors un percement de 185 mètres de longueur dansun rocher qui est extrêmement dur, et dont le déblai a coûté 10,80 fr. le mètrecube. On pouvait certainement éviter ce percement en faisant, comme dansbeaucoup d’autres parties, un mur entre le rocher et la rivière, mais l’on a pré-tendu que ce projet aurait été plus dispendieux que celui que l’on a exécuté.
Dans un canal que l’on construit actuellement en Provence , on fait encoreun percement de 283 mètres de longueur, qui est précédé d’une tranchée de23 mètres de profondeur, quoique l’on eût pu éviter, du moins en grande partie,un percement aussi considérable.
Mais tous ces exemples sont bien plus propres à faire voir les inconvénientsde ces sortes d’ouvrages qu’à les accréditer.
Il peut néanmoins se trouver des circonstances où les percements devien-draient indispensables , et il est certain que par ce moyen il n’v a guère decanaux que l’on ne puisse rendre physiquement possibles; mais il n’en est pasmoins vrai qu’il ne faut se déterminer à l’employer que lorsqu’on a épuisé toutesles autres ressources.
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