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Franche-Comté , ceux de Fretterau, Laïs, Pourlans, et autres dans le duché deBourgogne , ont fait ce qu’ils ont pu pour garantir leur finage ; mais, malgréleurs travaux et leurs dépenses continuelles , ils voient tous les jours emporternon seulement leur territoire, mais même leurs maisons. Depuis moins de vingtans, on en a transporté plus de trente dans le village de Fretterau, et celui deLaïs est à la veille d’être détruit en grande partie par un liras du Doubs qui de-puis quelques années se dirige sur les maisons, si l’on n’y apporte pas un promptremède. Peu d’ouvrages sont capables d’empêcher ces dégradations, que lamoindre crue occasionne , et que le peu de ténacité du terrain facilite singulière-ment.
Si l’on détournait le Doubs entre Dole et Parrccey, il ne resterait dans le litactuel que les eaux de trois petites rivières qui s’y jettent à présent depuisParrecey à Longvic. Elles fournissent environ les deux septièmes des eaux duDoubs , et cette quantité passerait aisément, lors des plus grandes crues, dansles lits actuels, sans y causer des dégradations considérables, ou du moins ilserait facile de s’y opposer. Tout le pays y gagnerait beaucoup par les dépôtsqui se formeraient en barrant différents bras qui se détruiraient d’eux-mêmes;cependant la quantité d’eau qui resterait fournirait suffisamment à quelquesmoulins qui y sont établis, il serait même bien plus aisé qu’à présent de leurformer des biefs.
Le terrain du vallon de la Blaine n’est aucunement de la nature de celui dela plaine où coule actuellement le Doubs . Il est de terre grasse, compacte, peusujet à s’affouiller et à être emporté. Ce vallon est assez serré dans une partie desa longueur pour ne pas craindre que l’inondation s’étende au loin. D’ailleurs,en creusant le lit, on formera de part et d’autre de bonnes levées qui le contien-dront , et l’empêcheront de faire aucun ravage.
Il ne faut pas croire cependant que la navigation puisse s’établir naturellementdans ce nouveau lit sans y former des digues et des écluses. Le cours actuel duDoubs est déjà trop rapide pour une navigation aisée, à plus forte raison, lors-qu’il sera réduit au quart de sa longueur. Suivant les nivellements de M. Ber-trand , il y a 21,8 mètres de pente depuis Dole à Saint-Symphorien sur quatrelieues de longueur, ce qui fait plus de 3,4 mètres par lieue, tandis qu’il ne fautpas plus de 1,6 mètre de pente par lieue pour que la navigation soit aisée surtoute rivière. Ainsi il faudra retenir les eaux par le moyen de six digues de2,6 mètres de hauteur, et former dans chacune une écluse de 2,6 mètres decb ù le.