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Ces digues, loin d’ètre un inconvénient dans le cas présent, donneront lieu àl’établissement de plusieurs usines, qui sont d’autant plus avantageuses que l’onne craindra pas de manquer d’eau, et que les établissements de celle espèce ontbeaucoup de faveur en Franche-Comté , surtout pour les forges et fourneauxqui seraient placés favorablement dans un canton où il y a une quantité assezconsidérable de bois taillis : d’ailleurs les rivières y amèneraient facilement lecharbon, quand même les bois seraient fort éloignés.
L’établissement de ces digues sera aisé à former avant que la rivière 11e soitdans son nouveau lit, parce que l’on pourra éviter les grands épuisements par lemoyen de saignées, et que les matériaux ne sont pas fort loin , du moins pourune partie des ouvrages. On pourra même laisser assiéger pendant quelquetemps les levées, les planter et les gazonner, sans craindre qu’elles soient dé-gradées par les inondations avant qu’elles n’aient pris une consistance solide.
Il faudra sans doute donner au nouveau lit une largeur convenable pour quel’eau des inondations ne s’élève pas trop considérablement, et la dépense de ceprojet doit être sans contredit plus grande que celle du canal de navigation,malgré l’épargne que l’on fait de deux écluses et d’un quart de longueur ducanal depuis Dole à Choîsey. Cependant, lorsque l’on en aura fait le détail esti-matif, je ne crois pas que l’excédent de dépense soit assez considérable pourbalancer les avantages qui en résulteront, et l’on en sera dédommagé en grandepartie par le revenu des usines que l’on y établira. Il ne sera pas nécessaired’ailleurs de creuser le nouveau lit partout aussi profondément qu’on auraitfait le canal : dans les endroits où le vallon est assez profond pour que l’inonda-tion ne s’étende pas au loin, on pourra se dispenser de le creuser beaucoup.
En plaçant dans les digues plusieurs vannes pour former des déchargcoirs defond, on craindra peu les inondations, parce qu’en levant ces vannes, la pentede la rivière deviendra trop considérable pour qu’elle s’élève beaucoup. Cesdéehargeoirs de fond exigent incomparablement moins d’étendue que ceux desuperficie, et causent ordinairement beaucoup moins de dégradations, parceque le choc de l’eau d’une nappe horizonlale ne peut que déranger quelquesgraviers qui sont souvent remplacés par d’autres, et ne creuse pas bien avant,au lieu que l’eau tombant le long d’un glacis incliné agit par son poids oblique-ment sur le fond de la rivière, et bientôt choque directement le terrain lors-qu’elle l’a un peu creusé, ce qui forme des affouillements qui deviennent sou-vent très considérables. On observera que la vitesse de l’eau est à-peu-près lamême, soit qu’elle agisse d’une manière ou de l'autre.