que si l’Arroux étail rendu navigable, comme on en avait le projet, il pourraitse faire qu’un canal de la Dlieunc à l’Àrroux, qui remplirait le même objet quecelui de Long-Pendu, fût moins dispendieux que celui-ci, il engagea dans cettevue les élus à prendre une délibération (I) pour charger le sieur Gauthey defaire les détails de cet autre projet, qu’il croyait pouvoir remplacer, même avecavantage, le canal par Long-Pendu. Le sieur Gaulliey, quoique persuadé que cesecond projet ne pouvait entrer en concurrence avec celui de Long-Pendu,s’attacha cependant à le faire avec le plus grand soin, ne fût-ce que pour enfaire la comparaison, et faire valoir les avantages de l’ancien, dont il continuaittoujours les jauges et les plans.
La rivière d’Arroux est navigable depuis Toulon à la Loire sur sept lieues delongueur ; mais elle est déjà considérable à Autun , à huit lieues plus haut, et sielle n’a pas encore été rendue navigable depuis cette ville à Toulon , c’est que sagrande rapidité, et plusieurs obstacles qui se rencontrent dans son cours, ontretardé ce projet, que l’on était cependant alors sur le point d’exécuter. DepuisAutun on peut encore remonter l’Arroux sur environ une lieue de longueur;ensuite il faudrait faire un canal qui côtoyerait la rivière d’Épinac jusqu’àLadrée; le vallon est large, commode, et il n’est pas plus difficile de faire uncanal dans cette partie que le long de la Dheune depuis Cbeilly, où l’on joindraitle projet du canal qui passerait par l’étang de Long-Peudu.
Il ne reste donc de difficulté, pour faire communiquer l’Arroux à la Saône ,que depuis Ladrée à la Dheune ; mais pour faire cette traversée il faut franchirune chaîne de hautes montagnes, sur laquelle il ne serait pas possible de ras-sembler une quantité d’eau suffisante pour fournir à une navigation, qui d’ail-leurs deviendrait toujours dispendieuse, longue et incommode, par rapport àla quantité d’écluses qu’il y aurait à passer.
Il faudrait nécessairement percer la montagne par un canal souterrain. Mais,sans donner beaucoup d’étendue à ce percement, on pourrait cependant dimi-nuer considérablement le nombre d'écluses, et rassembler au point de partageune quantité d'eau suffisante pour une bonne navigation, parce que les mon-tagnes sont rapides et assez étroites par le dessus. Ce moyen offrait sans doute desincommodités et des difficultés; mais , comme c’est de lui seul que dépendait lajonction des deux mers par cet endroit, et que l’on croyait ne devoir pas consi-dérer les dépenses à faire pour la navigation de l’Arroux qui paraissaient alors
(1) Pièces justificatives, n° 5.