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des maisons pour caserner les soldats, attendu que les habitants de la Bourgogne étaient exempts de loger des gens de guerre en garnison, et firent faire des ba-raques auprès des ateliers principaux pour y loger les travailleurs.
Il y eut d’abord quelques difficultés pour la fixation du prix des terrassements :mais comme le sieur Gautliey avait pris la précaution de faire commencer l’ou-vrage par des entrepreneurs, dans les deux endroits où l’on devait placer lestroupes, et que l’on avait reconnu par l’état du nombre des journées que l’onavait employé que les ouvriers étaient suffisamment payés au prix des marchés,on maintint les mêmes prix pour les soldats.
M. le vicomte de Virieu, maréchal des camps et armées du roi, et élu de lanoblesse de Bourgogne , avait été nommé commandant des troupes. Il fit un ré-glement le 8 juillet 1783 , pour fixer la manière dont elles seraient commandées.
Chaque régiment devait fournir environ le tiers des soldats pour travailler unequinzaine de suite; de sorte qu’ils avaient un mois de repos. Le détachementétait de trois cent-soixante-douze hommes par régiment, commandés par dixofficiers, dont deux devaient être présents au travail, ainsi que quatre sergentssur dix. Chaque escouade de douze hommes formait une chambrée, et campaitdans une baraque particulière. 11 y avait en outre des baraques pour les cuisines.
Les ateliers étaient aussi divisés par escouades de douze hommes, et l’ouvragecalculé de manière qu’il pouvait être fait en douze jours par douze bons ouvriers.Comme on ne chargeait pas les soldats de perfectionner l’ouvrage, ils auraientpu creuser d’un pied de plus sans trop s’approfondir, si l’atelier eût été composéde forts ouvriers.
A la fin de chaque quinzaine, le commis de l’atelier faisait, en présence d’unofficier, et conjointement avec un sergent ou soldat choisi par le détachement,un toisé de l’ouvrage fait par chaque escouade, et de celui qui restait à fairedans l’atelier : il en formait un état signé du toiseur du détachement. Cet étatétait envoyé à l’ingénieur en chef pour le viser; et en cas de contestation, elleétait vidée par l’offieier supérieur commandant le camp, qui se concertait avecl’ingénieur en chef : et s’ils n’avaient pas pu s’accorder, elle était portée à l’offi-cier général et au commissaire des élus.
11 n’y a eu qu'une seule contestation de cette espèce, qui n’a cependant pu êtrejugée que par le ministre de la guerre, qui, après une ample discussion, prononçaque la troupe avait tort. L’état visé par l’ingénieur en chef était ordonnancé parle commissaire, et payé par le receveur des impositions le plus voisin au quar-tier-maître de chaque régiment, qui, après avoir fait la retenue de la dépense