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faite, distribuait ce qui restait à chaque soldat. L’heure du travail et des repasétait réglée à raison de trois heures de repos par jour. On permettait de travail-ler deux quinzaines de suite, mais rarement trois.
Dans le commencement, on diminuait sur le prix de l’ouvrage la valeur duraccommodage des outils cassés; mais dans la suite il y eut ordre de ne pas lediminuer, de sorte que cette dépense ne laissait pas que d’être considérable. Onpayait l’ouvrage le même prix qu’aux pionniers, mais on fournissait les outils,les baraques, les lits et les logements dans les villes des deux tiers des troupesqui ne travaillaient pas. Tous ces faux frais ont fait monter la dépense des tra-vaux faits par les troupes environ au double de ce qu’ils auraient coûté par desterrassiers ordinaires.
Il n’y a eu que trois régiments qui ont travaillé, savoir : celui de Monsieurpendant deux ans, celui de Beaujolais pendant trois ans, et celui de Beaujolaispendant un an. Ils cessaient leur travail pendant l’hiver, depuis la fin de no-vembre jusqu’au commencement d’avril. La totalité des déblais qu’ils ont faits estmontée à 288,400 liv., ce qui ne fait presque que la dixième partie des ou-vrages de terrasses qui se sont faits pour ce canal.
Lorsque les ouvrages furent en grande activité, les élus firent un réglementpour leur continuation, d’après un mémoire qui leur fut présenté par le sieurGauthey.
On établit dix gardes dans toute l’étendue du canal : ces gardes devaient fairetous les jours une tournée sur la partie du canal dont ils étaient chargés, pourempêcher le bétail de dégrader les levées, et, chaque semaine, devaient porterles lettres des inspecteurs et commis au directeur des travaux, et rapporter lesréponses. Us devaient aussi veiller à ce qu’on n’enlevât pas les matériaux et ou-tils : et l’on régla la forme de leurs procès-verbaux, et les formalités qu’ils avaientà remplir.
On divisa la longueur du canal en huit et ensuite en dix ateliers, à chacundesquels on attacha un commis conducteur, sachant les toisé et nivellement. Cescommis devaient faire chaque jour une tournée sur tous les ouvrages qui étaienten activité sur leur atelier, compter les ouvriers de différentes espèces employéspar les divers entrepreneurs, planter les piquets d’alignement et de hauteur,d après les tracés qui avaient été faits à la pioche suivant la ligne du milieu ducanal, sous les yeux de l’inspecteur, et veiller à ce que chaque ouvrage fût exé-cuté conformément au devis.
Us devaient aussi faire tous les toisés provisionnels des déblais et ouvrages de