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dans son journal, de sorte qu’il était difficile que l’on put être plus trompé pourles ouvrages d’art que pour les déblais.
La surveillance était sans doute considérable par le nombre d’employés ; maiselle n’était cependant point chère, puisqu’elle n’est pas revenue à ^ des autresdépenses.
Quoique l’on eût commencé les ouvrages dès le mois d’avril 1783, on fil fortpeu de chose jusqu’au mois de juillet. 11 fallait auparavant que de faire travailler,soit à Chagny, soit à Paray , placer les écluses dans presque toute la longueurdu canal, et fixer le niveau du fond du canal dans toutes les retenues, ce quine pouvait être fait que par l’ingénieur seul, en partant du point de partage. Depart et d’autre on fit cependant plusieurs marchés de déblais. Les troupes tra-vaillèrent ensuite, et l’établissement des camps baraqués des deux régiments oc-cupèrent une assez grande quantité d’ouvriers. On fit ouvrir le canal auprès deParay et de Chagny par les troupes, et l’on fil commencer par des entrepreneurs,les déblais entre Génélard ei Ciry, près de Long-Pendu, entre Saint-Bcrain etSaint-Léger, auprès de Dennevis et auprès de Chàlons . On dépensa seulementcette année à-peu-près 330,000 livres, dont environ 100,000 livres pour l’éta-blissement des troupes. On ne fit que pour 18,000 liv. d’ouvrages de maçonnerie.
La seconde année, 1784, M. le prince de Condé fut chargé au nom du roide poser la première pierre des trois canaux que l’on avait ouverts en Bourgogne .Il se rendit à Digoin le 22 juillet : il visita les travaux qui étaient commencésà Digoin, à Paray et au pont de Bord, où était établi le camp baraqué durégiment de Beaujolais.
11 se rendit le lendemain à Chàlons , et descendit dans la fondation de l’éclusede gare de la Saône , où l’on avait préparé une plate-forme de 6,3 mètres enquarré, surmontée et couverte d’une tente en pavillon. On avait posé la pre-mière assise du mur de chûtc sous le bajoyer oriental, et l’on avait creusé surle lit de celte pierre une cavité pour y placer les médailles et l’inscription.
M. le prince de Condé était accompagné de M. le marquis de Gouvernet,commandant delà province, de M. Àmelot, intendant, de MM. les élus géné-raux des états, du commissaire du canal, de l’évêque de Chàlons , du mairede la ville et de ses officiers. Le directeur général du canal, l’ingénieur, deuxentrepreneurs, l’appareilleur, et un commis, l’attendaient sur la plate-forme.Douze tailleurs de pierre et douze maçons, en vestes et culottes blanches etbonnets blancs, ayant une cocarde et deux rubans à la boutonnière, étaientrangés sur les batardeaux avec leur marteau sur l’épaule.