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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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preneurs n’y ont pas trop gagné, mais qu’ils y ont néanmoins gagné suffisam-ment pour ne pas discréditer les ouvrages, puisque l’on a toujours eu un nombred’ouvriers suffisant pour finir les travaux de terrasses à-peu-près dans le mêmetemps que les ouvrages d’art.

La méthode que l’on avait été obligé d’adopter, en donnant les entreprises dedéblais à différents particuliers étrangers et sans caution, entraînait la nécessitéde les faire payer aussitôt que les toisés provisionnels leur étaient faits, attenduqu’il fallait que ces petits entrepreneurs payassent très incessamment les journa-liers qu’ils faisaient travailler. Ils n’auraient point trouvé d’ouvriers s’ils ne leseussent pas payés toutes les quinzaines, ou du moins à tous les toisés qu’on leurfaisait pour cet objet, ce qui était très intéressant pour établir solidement lecrédit sur ces ouvrages, afin de pouvoir y attirer des ouvriers éloignés.

Il fallut abandonner les formes usitées dans la province, pour faire les paie-ments des entrepreneurs, qui ne pouvaient se faire ordinairement que sur lasignature de deux des trois élus des ordres qui n’étaient presque jamais dans lemême lieu, si ce n’est pendant leurs assemblées, qui se tenaient en hiver, tempspendant lequel les ouvrages n’étaient pas en grande activité.

L’administration avait nommé un commissaire qui était chargé de signer tousles mandats, d’après les certificats du directeur des travaux 5 et, comme cecommissaire était encore ordinairement éloigné des travaux , on ordonna auxreceveurs des impositions de payer toutes les sommes d’à-compte sur les simplesmandats du directeur des travaux. Ces mandats étaient envoyés tous les mois aucommissaire, pour les viser et en faire donner un récépissé aux receveurs par lereceveur général. De cette manière toutes les petites entreprises des déblais ontété acquitées aussitôt que les ouvrages étaient faits, de sorte que les entrepreneursn’avançaient jamais rien, et l’on avait attention de ne leur donner un secondpayement que lorsqu’on était sûr que les journaliers avaient été tous payés. Parces précautions, le crédit s’était établi de telle sorte que les ouvrages ont été faitsà beaucoup meilleur marché que de toute autre manière.

Les ouvrages d’art ont été payés de même, mais par sommes plus fortes queles déblais, parce qu’on avait des cautions. On toisait à chaque payement d’à-compte tous les ouvrages faits et les matériaux approvisionnés seulement sur leschantiers. On faisait aussi un relevé des journées employées pour les différentesespèces d’ouvrages, afin de connaître si les à-comptes qui étaient dûs étaienttrop au-dessus ou au-dessous du prix des ouvrages faits. Ces toisés étaient rec-tifiés tous les mois par l’inspecteur , pendant la tournée , et il en faisait mention