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assez d’abondance : dans les autres parties il se forma quelques filtrations, dontla plupart s’arrêtèrent naturellement, et l’on fit des conrois pour arrêter lesautres. On fit aussi deux prises d’eau dans les rivières pour subvenir à ces filtra-tions, jusqu’à ce que le limon des eaux eût rendu le terrain imperméable à l’eau.Il n’arriva aucun accident aux écluses, si ce n’est à deux ou trois, où l’eau s’in-sinua par la chambre des portes d’aval sous le radier, et fit soulever le radierd’aval au-delà des portes. On remédia à cet inconvénient, qui provenait de ceque le béton avait été négligé dans cette partie qui est la plus essentielle, en fai-sant une tranchée au-devant des buses de quelques décimètres de profondeur,que l’on remplit de conrois et de béton par dessus. Il y eut aussi quelques filtra-tions dans les joints des pierres qui n’avaient pas été bien coulés : on les remarquatous, on y fit entrer du coulis de mortier de ciment, et l’on refit soigneusementles joints. Cet effet se manifestait plus aux écluses, dont le parement est en briques,qu’à celles où il est en pierre de taille. Il y a même eu une de ces écluses dontle parement se détacha dans une partie. M. Perronet avait préféré celte cons-truction en brique à celle en pierre de taille pour le canal de Dijon à Saint-Jean-de-Lône : mais la grande difficulté que l’on éprouve à avoir des maçonsqui ne laissent aucun vide entre les briques doit toujours faire préférer la pierre,lorsqu’elle n’est pas extrêmement éloignée. Enfin toutes ces réparations se firentpendant l’année 1792, et l’eau y fut mise complètement en janvier 1793. Lanavigation ne se fit pas moins, cette même année 1792, depuis Saint-Léger àDigoin , et il y passa six cent-cinquante bateaux.
Je donnerai ci-après un itinéraire du canal où tous les ouvrages sont marqués,et j’en donnerai ici une description succincte.
La longueur totale du canal, depuis le bord de la Loire à Digoin au bord dela Saône à Châlons , est de 114,322 mètres. On a fait quatre grandes tranchées,la première à Génelard, la seconde à Long-Pendu, la troisième à Chagny, etla quatrième à Châlons . Elles ont de 8 à 13 mètres de profondeur, et la totalitéest de 5884 mètres, dont 2179 mètres forment un canal étroit où il ne peutpasser qu’un seul bateau : mais il y a des gares pour faire ranger l’un desbateaux lorsqu’ils se rencontrent. Il y a 2130 mètres de longueur de ces tran-chées qui sont revêtues d’un mur de soutènement en maçonnerie de mortier, et665 mètres revêtues en perrés.
Il y a onze ports, savoir : à Digoin , Pont-de-Bord , Digoine, Génelard, Ciry,Blanzy, Mont-Chanin, Saint-Léger, Chagny, Fontaine et Châlons . Ces portssont plus ou moins larges, mais un bateau peut tourner aisément dans chacun*** ' 38