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canal dans la plaine de Digoin , entre les deux premières écluses. Les bara-ques elles maisons bâties sur le port, au nombre de plus de quarante, furentrenversées. Tous les bois de charpente qui étaient sur le port furent enlevés :ils passèrent sur les levées dont ils commencèrent la dégradation, qui fut d’au-tant plutôt consommée que le courant de la rivière s’y portait directement. Lecanal fut entièrement comblé en celte partie et les digues enlevées. Le portmême, qui n’était surmonté que dans les très grandes eaux, et de 50 à 60 cen-timètres seulement, fut emporté dans l’étendue de plus de 50 journaux sur unmètre à un mètre et demi de profondeur, de sorte qu’il fut détruit entièrement :il ne restait plus qu’une plage basse le long de laquelle les bateaux ne pouvaientaborder. Il était même fort à craindre que, dans une crue, la Loire ne prit sonprincipal cours par cet endroit, et la première écluse se serait trouvée de l’autrecôté de la rivière. 11 fallait donc y porter un prompt remède , et comme le portde Digoin était totalement détruit, il fallut en même temps le remplacer par ungrand port à l’entrée du canal, entre les deux premières écluses. Ce port estformé par un large bassin de 507 mètres de longueur, d’une largeur suffisantepour que les bateaux puissent y tourner aisément. Cette grande largeur a donnélieu de former des levées très hautes qui surmontent les plus grandes crues, etd’avoir, du côté de Digoin , une plate-forme propre à contenir vingt à trentemille pièces de vin au-dessus de l’inondation. La partie de cette levée opposéeau courant est garnie de perrés ; l’autre est en pente assez douce pour que lesvoitures puissent monter sur la plate-forme du port. Cet ouvrage, quoique con-sidérable, fut bientôt achevé. Au reste, l’écluse n’avait nullement souffert; lamaison d’éclusier seulement avait été détruite en partie.
Enfin, pendant l’année 1791, on finit tous les ouvrages d’art, et l’on mit l’eaudans le canal au mois de novembre. Le sieur Gauthey, alors inspecteur généraldes ponts et chaussées, le sieur Guillemot, ingénieur et chef du département deSaône-et-Loire , le sieur Forey, ingénieur du canal, et le sieur Morel, chef dubureau de la régie du canal, s’embarquèrent à Digoin , et arrivèrent à Saint-Léger le quatrième jour. On avait mis l’eau jusqu’à l’écluse de Cheilly : maisau-delà, dans la grande retenue de Chagny, qui a plus de deux lieues de lon-gueur, l’eau se perdait considérablement, soit par les fentes du rocher sur lequelle canal était établi, soit par les lévées. On essaya d’y mettre l’eau : elle vintbien jusqu’à la tranchée de Chagny, mais sur une petite hauteur, qui indiquacependant les principaux endroits où elle se perdait, et l’on travailla à y faire lesréparations convenables. Il n’y avait que cette seule partie où l’eau se perdit avec