— 299
aaoy . oyi i ^O i O^B^ q^q^^^ UW(J -
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
N° I.
Lettre de M. Turgot à M. de Trudaine .
Versailles , le 31 janvier 1776.
Des personnes qui s’intéressent, monsieur, au bien général et à celui de la province deBourgogne en particulier, m’ont représenté qu’il serait très facile d’établir une communicationentre la Loire et la Saône, par la Bourbince qui tombe dans la Loire , et la Dheune qui sejette dans la Saône ; que ces deux rivières tirent leurs sources de l’étang de Long-Pendu ;qu’ainsi la nature a tout fait : que la seule objection qu’on ait pu former contre cette commu-nication était le manque d’eau, mais que l’on peut prouver que cette objection n’est pas bienfondée ; que, du côté de la Bourbince en particulier, il y a deux rivières dont il serait aisé deréunir les eaux avec celles de la Bourbince; que cette communication coûterait huit millionsde moins que toute autre communication, ce qui, dans des circonstances où l’on ne peut em-ployer en travaux de ce genre qu’une somme déterminée, est une considération de la plusgrande importance.
Ces représentations m’ont paru mériter toute mon attention : j’ai cru en conséquence qu’ilserait à-propos de faire faire un nouvel examen de cette communication, afin de s’assurer sielle a réellement tous les avantages qu’on lui a supposés. Vous avez sur les lieux un ingénieur(M. Gauthey) qui s’est fait connaître par de bons mémoires de physique; il serait d’autant plusen état de procurer promptement tous les éclaircissements nécessaires, qu’il habite depuislongtemps les pays que cette communication traverse.
Je suis avec un très parfait attachement, monsieur, votre très humble et très obéissantserviteur,
Signé : TURGOT.