Buch 
Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
Entstehung
Seite
300
JPEG-Download
 

300 —

N° 2.

Rapport du sieur Perronet sur la lettre de monsieur le Contrôleur génét'al,du 31 janvier 1776, concernant le canal de Bourgogne par les étangs deLong-Pendu.

20 février 1776.

On a représenté à M. le Contrôleur général que le canal de communication des deux merspar la Bourgogne , en passant par l’étang de Long-Pendu, coûterait huit millions de moinsque celui qui est commencé, et qui doit passer par Dijon et Pouilly en Auxois, parce que lanature a tout fait pour le premier, où la crainte de manquer d’eau est mal fondée, surtout ducôté de la Bourbince, aux eaux de laquelle il serait aisé de réunir celles des deux autresrivières; on a ajouté que M. Gauthey, habile ingénieur, étant sur les lieux, pourrait promp-tement procurer tous les éclaircissements.

1° Il ne suffit pas de pouvoir joindre deux rivières à la Bourbince pour en conclure que lacrainte de manquer d’eau pour le point de partage par les étangs de Long-Pendu soit malfondée, parce qu’il faut encore que les rivières fournissent assez d’eau, et que la réunionpuisse se faire à la hauteur du point de partage; c’est ce qu’on ne trouve point dans les écritsfaits avec tout le soin possible en faveur du canal par l’étang de Long-Pendu, et que la natureen effet n’offre point.

On ne peut amener à ce point de partage, en y réunissant toutes les sources supérieuresvoisines, une quantité d’eau suffisante, qui puisse être même comparée à celle de treizemoulins que l’on peut rassembler au point de partage de Pouilly, dont la jauge, qui en a étéfaite avec le plus grand soin par M. de Chézy pendant une année de suite, a donné environ2000 pouces d’eau pour le temps de sécheresse, ce qui doit suffire pour une navigation desplus florissantes, lorsque l’eau des étangs de Long-Pendu ne fait mouvoir que deux roues demoulin, cela pendant une partie du temps seulement.

Quand il serait certain qu’on aurait assez d’eau par les étangs de Long-Pendu, et que cecanal coûterait huit millions de moins que celui qui est commencé par Pouilly, on ne devraitpas encore lui donner la préférence à cause des inconvénients essentiels auxquels il seraitsujet.

1° La navigation de ce canal, quittant la Saône un peu en dessous de Châlons , traverseraitle Charolais jusqu’à Digoin, en vingt-huit lieues de longueur, suivrait la Loire jusqu’à Briare.en quarante lieues, ensuite les canaux de Briare et de Loing jusqu’à la Seine sur vingt-sixlieues.

2° Le premier inconvénient serait de traverser le Charolais, pays assez mauvais, et peuintéressant en comparaison de Vitteaux , Montbard, Tonnerre, Saint-Florentin et Brinon,que l’on abandonnerait.

3° Le second est de faire quarante lieues de navigation sur la Loire , très difficile à descendreen été, à cause de son peu de profondeur. Les bateaux n’y passent qu’à 14 ou 13 pouces d’eau,encore les mariniers sont-ils souvent obligés de se mettre dans l’eau , pour déterminer avec