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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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des pelles le sable et se faire un passage. Elle est encore bien plus difficile à remonter, à causede sa largeur et de l’inconstance de son lit et de ses bancs de sable, qui ne permettent pas defaire un chemin de tirage à portée du chenal. Ainsi, de Lyon à Paris , la navigation serait trèsdifficile, mais il n’y en aurait point d’assurée de Paris à Lyon .

4“ Le troisième est de faire vingt-six lieues par les canaux de Iîriare et de Loing. Le canalde Briare suffit à peine pour sa navigation actuelle, qui est fort gênée en été pendant plusieursmois, faute d’eau : comment pourrait-on y ajouter une autre navigation, qui doit lui êtreau moins égale ?

’i" Le quatrième, c’est que ees canaux n’appartiennent pas au roi ni au public; les proprié-taires y perçoivent des droits qui montent, à ce que l’on prétend, chaque année, tous fraisfaits, à environ 500,000 liv. Pour donner, par ces canaux, la même liberté et franchise quepar celui de Pouilly, il faudrait en acheter la propriété qui coûterait certainement plus que ceque l’on aurait eu l’intention d’épargner.

0° Le cinquième inconvénient est que le trajet entier de Lyon à Paris serait de treize lieuesplus long par les étangs de Long-Pendu, sans aucun avantage; au contraire, puisque la navi-gation par la Loire serait bien plus difficile que par l’Yonne .

M. Thoinassin a beaucoup écrit, et avec toute la chaleur possible, contre le canal dePouilly, et en faveur de celui des étangs de Long-Pendu. Ces écrits ne contiennent rien deprécis ; mais des discours vagues et exagérés ont néanmoins donné , il y a quarante ans , lieuà plus d’incertitude, et à empêcher alors de laire ce canal par Pouilly; mais, depuis environvingt-cinq ans, la question a paru tout-à-fait décidée, et on n’a plus pensé qu’au canal parPouilly, d’après la proposition de M. Abeille, et les avis de M. Gabriel, premier architectedu roi et premier ingénieur des ponts-ct-chaussées, de M. de Regemortc l’aîné, et enfin dessieurs Perronetet Cliézy, qui furent chargés, en 1704, par M. Bertin, ministre, de l’examendes différents projets formés pour la communication des deux mers.

11 résulte du mémoire très détaillé qu’ils ont fait, en date du 28 décembre de la mêmeannée, qu il ne se trouvait point à beaucoup près assez d’eau pour établir cette navigation parles étangs de Long-Pendu , et qu’il était préférable à tous égards d’établir le point de partageà Pouilly, où 1 on pourrait rassembler plus de deux mille pouces d’eau, même en temps desécheresse; le projet a été adopté par M. Bertin, M. l’abbé Terray et M. de Trudaine, et1 exécution en a été commencée depuis deux ans. On pense que l’on trouvera, dans lesmémoires des sieurs Perronct et Cliézy, et dans ce qui vient d’être dit, des motifs assez bienétablis pour quon ne doive plus mettre en question lequel de ces deux différents projets doitêtre préféré.

M. Gauthcy, que Ion a indiqué à M. Turgotpourla vérification du projet par les étangsde Long-Pendu, est l’un des sous-ingénieurs de la Bourgogne ; il sort de l’école des ponts-el-chaussécs. Cet homme est fort instruit et de bonne conduite; il serait très en état de faire cetexamen , s il y avait lieu d’espérer que l’on pût retirer quelque utilité de son travail ; ce quenous sommes bien éloignés de penser, à cause des inconvénients réels qu’il v aurait à établirla navigation par la Loire et les canaux de Briare et de Loing.

Signé : PElilîOM'.T.

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