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N° 3.
Lettre de M. Joly de Fleury, contrôleur général , aux Elus de ht
province de Bourgogne.
J’ai mis sous les yeux du roi, messieurs, le décret des états de Bourgogne , du 16 mai
1781, concernant le projet d’un canal traversant le Charolais pour joindre les deux mers, parles rivières de la Saône et de la Loire ; vos délibérations des 4 décembre 1781 et 2 janvier
1782, sur le même objet ; les pièces visées dans ces délibérations et les mémoires et plans quevous avez fournis dans l’instruction de celte affaire ; enfin les avis donnés, tant par l’assembléedes ponts-et-ehaussées, que par le bureau du commerce.
S. M. a vu qu’il résultait du tout que la confection de ce canal est non seulement possible,mais encore facile, et qu’elle ne peut être que très avantageuse pour sa province de Bourgogne en particulier, et en général pour tout, son royaume ; aussi Sa Majesté , en décidant qu’il devaitêtre exécuté le plutôt qu’il sera possible, a témoigné une véritable satisfaction du zèle qui vousa portés à prendre tant de peine et de soins dans les recherches relatives à ce projet et dansl’examen approfondi que vous en avez fait pour répondre à la marque particulière de confianceque les états vous avaient donnée, en vous en renvoyant la discussion.
Quant à la manière d’exécuter cette entreprise, quelques précautions que votre prudencevous ait suggérée, quelque prévoyance que vous ayez montrée dans la combinaison desconditions multipliées sous lesquelles seulement vous vous êtes déterminés à accorder àMM. Raguct de Brancion, par votre délibération du 4 décembre 1781, le cautionnement dela province qu’ils avaient demandé aux États ; et que les États vous avaient autorisés à leuraccorder; quelque avantage même que cet arrangement pût présenter , à certain égard, ainsique vous l’avez exposé dans vos mémoires ; Sa Majesté, par des considérations supérieures, nepeut consentir que la province se rende caution pour des particuliers, quelque confiance qu'ilsméritent, s’agissant surtout d’emprunts aussi considérables que ceux qu’exigent des travauxde cette nature.
Je crois devoir vous ajouter qu’indépendamment de ce cautionnement, que le roi nepourrait autoriser, je ne me serais déterminé qu’avec beaucoup de regret à proposer à SaMajesté d’accorder le privilège d’une entreprise aussi importante à une compagnie particulière.Ces sortes de compagnies sont toujours difficiles à former : on ne voit que trop souvent lamésintelligence y régner au grand détriment des entreprises qu’elles ont formées, surtoutquand les fonds viennent à manquer, et nous n’en avons que trop d’exemples. Ce n’est qu’à descorps d’administration, dont les principes et la conduite sont connus par une longue expérience,et qui jouissent d’un grand crédit, que l’on peut confier avec sécurité l’exécution de pareilsprojets : aussi, Messieurs, le roi connaissant le zèle éclairé de la vôtre, la sagesse constantede scs opérations, et le crédit qui en est la suite , se déterminera volontiers à vous accorder leprivilège de cette entreprise, dont l’étendue entière se trouve d’ailleurs renfermée dans yotre