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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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vailler que par régie, empêchèrent qu’il n’y fût donné suite. On s’occupa aussi de réunir aucanal divers étangs appartenant à l’état ou à des particuliers ; et dont l’acquisition, projetéedès l’origine, n’avait pas encore été faite. Mais la situation des finances ne permit pas d’effec-tuer à cette époque ces améliorations, quelque nécessaires qu’elles fussent, et on put à peinefaire les travaux absolument indispensables pour maintenir la navigation. En effet, il avait étédépensé en 1793, pour donner les moyens d’établir la navigation dans toute l’étendue ducanal, compris les frais de conduite, faux frais et indemnités, environ 86,000 liv. On nedépensa en l’an II que 43,000 liv., et en l’an III que 64,000 liv. On n’a point la note desdépenses de l’an IV et de l’an V, mais , comme ce fut l’époque du plus grand discrédit desassignats, et qu’on voit par les rapports des ingénieurs qu’on ne pouvait parvenir à exécuterles plus légères réparations qu’à la journée, et en payant en numéraire ou en grains, on nepeut douter qu’elles n’aient été très peu considérables. Les dépenses de l’an VI se sont élevéesà 70,000 liv., et celles de l’an VII à 32,000 liv. environ. Les filtrations qui s’étaient mani-festées en mettant l’eau au canal furent arrêtées facilement, au moyen de quelques réparationsdans les conrois et dans la maçonnerie des aquéducs, ou cessèrent d’elles-mêmes par l’effetdes dépôts formés par les eaux infiltrées. Elles avaient déjà disparu en grande partie dansl’an IV, et les rapports des ingénieurs en l’an V n’en font presque plus mention.

L’édit du roi du mois de janvier 1783, qui avait autorisé les états de Bourgogne à faireconstruire le canal du Centre, leur accordait la perception d’un droit de 6 deniers par lieuede trois mille toises pour chaque quintal, poids de marc , sur tout ce qui serait voiture surle canal, et déplus 5 sous par chaque bateau vide, à l’ouverture de chaque écluse; avec lafaculté de diminuer ce droit comme ils le trouveraient convenable pour l’avantage du com-merce , et sur tels objets qu’ils jugeraient à propos. Les idées reçues à l’époque de la révolutionavaient conduit à supprimer toute espèce de péage, confondus dans l’opinion avec les droitsseigneuriaux, et s’étaient opposées à ce qu’on en établit sur le canal au moment où il fut misen navigation. On ne tarda pas cependant à connaître qu’un droit perçu sur les marchandisesqui fréquentent un canal, est le moyen le plus naturel et le plus juste de se procurer les fondsnécessaires pour son amélioration et son entretien. Une loi rendue le 28 fructidor an V, surle rapport de M. Guyton, prescrivit l’établissement d’un péage d’après un tarif qu’on va copierici, en y ajoutant une colonne indiquant le montant du droit pour chaque quintal par distancede 5000 toises afin de faciliter la comparaison de ce droit avec celui qui aurait pu être établid’après l’édit cité ci-dessus.

Tarif des droits perçus pour cinq kilomètres (2o66 toises ) de distance

parcourue.

Dix myriagrammes de toutes matières et marchandises non ci-après spé- fr.

cifiées, paieront, savoir, pour les marchandises non encombrantes . 0, 04Pour les marchandises encombrantes.0, 05

Pour chaquequintal parlieue de3000 toises.

den.

5, 409

6, 761