— 338 —
Pour connaître les dépenses annuelles que nécessite le canal, on ne doit point avoir égardaux années antérieures à l’an VIII, parce qu’il est visible d’une part que, par suite des cir-constances politiques, on laissait manquer cet ouvrage des réparations les plus nécessaires, etde l’autre, que les frais de régie ne pouvaient être que très peu considérables avant que ledroit de navigation eût été établi. Les dépenses annuelles pour ces frais de régie se sont élevéesmoyennement à près de 65,000 francs, et celles des travaux à 154,000 francs. Mais il fautobserver pour ces dernières, qu’avec l’entretien ordinaire, se trouvent confondus les travauxd’amélioration. On n’a tenu, comme on l’a déjà remarqué, un compte séparé de ces dernierstravaux que pendant la durée de la régie intéressée , c’est-à-dire que depuis l’an VII jusqu’en1807, et ils se sont élevés dans cet intervalle à la somme de 542,785 francs. Il faudrait yajouter le montant des travaux de même nature faits pendant les années suivantes ; mais,comme on ne le connaît point exactement, on supposera que les dépenses d’amélioration se sontbornées à la somme précédente, et cela pourra compenser la réduction que les dépenses ordi-naires ont éprouvées en 1814 et 1815. En répartissant donc la somme de 542,783 francs surles seize années qui se sont écoulées à partir de l’an VJI, on aura pour chacune 53,924 : retran-chant cette dernière somme des 153,979 francs trouvés pour la dépense annuelle des travaux,il restera pour les frais d’entretien 120,055 francs.
On peut donc conclure de ce qui précède que les frais de régie du canal du Centre s’élèventannuellement à environ .......... 65,000fr.
Les frais d’entretien à . . . . . . . . . .120,000
Ce qui porte la dépense totale à .. 185,000
La recette s’est élevée, année moyenne, à. 407,000
Par conséquent, le produit net est de ....... 222,000
On remarquera ici qu’il est à présumer que ce produit doit augmenter dans la suite, ou dumoins qu’il ne doit pas éprouver de réductions. En effet, d’une part les frais de régie, et sur-tout ceux d’entretien, ne peuvent que diminuer, puisque les plus grandes dépenses de cegenre ont eu pour objet ou d’arrêter les filtrations, ou de rétablir des constructions faitestrop précipitamment et avec des pierres provenant de carrières récemment ouvertes, dont lamauvaise qualité n’a pu être reconnue que par l’expérience; et ces dépenses doivent nécessaire-ment devenir moindres chaque année, en même temps qu’elles assurent pour l’avenir la soli-dité des ouvrages. D’autre part, il y a tout lieu de penser que l’opinion assez générale, que leproduit du canal du Centre éprouvera de grandes réductions par suite de la liberté rendue aucommerce maritime, n’est nullement fondée. Sans entrer ici sur ce sujet dans une discussionqui serait étrangère à l’objet de ce mémoire, on se bornera à remarquer qu’en examinant lesrelevés annuels des marchandises qui ont passé sur le canal, on voit que celles de ces mar-chandises provenant des départements du midi et du commerce de Marseille , lesquelles pour-ront maintenant être transportées à Paris par mer, n’entrent presque pour rien dans sesproduits; et c’est un résultat admis par toutes les personnes qui ont approfondi ces matières,résultat hautement confirmé par les relevés dont on vient de parler, qu’il ne faut jamaiscompter dans le revenu d’un canal sur les marchandises provenant de pays éloignés, et que ce