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les piles à être affouillées. On doit éviter, par une raison semblable, de com-poser un pont de deux parties séparées par une île. Il pourrait se faire que l unedes deux parties se trouvant encombrée, tout le courant fût obligé de se portersous l’autre, ce qui en occasionnerait la destruction : les ponts de Chazey et deRoanne ont été emportés de cette manière. On voit, au surplus, que les pontsne périssent jamais que par le défaut de débouché, et qu’en dernière analyse latrop grande diminution de la section est toujours la cause de leur ruine, soitqu’on n’ait d’abord donné au pont qu’une trop petite longueur, soit qu'au con-traire on lui en ait donné une trop considérable.
Tous les éléments du calcul de l'aire du débouché doivent être pris au mo-ment des plus grandes crues , et c’est d’après la quantité d’eau qui coule à cetteépoque que cette aire doit être déterminée. Il est essentiel cependant, dans lesrivières qui en sont susceptibles, de disposer les arches de manière à ce que,dans les plus basses eaux, il reste sous quelques-unes au moins un mètre deprofondeur, afin que la navigation ne se trouve pas interrompue. Il sera tou-jours possible de combiner entre elles les différentes conditions auxquelles lagrandeur et la forme des arches que l’on emploiera devront satisfaire, et, danschaque cas particulier, de parvenir, en faisant divers essais, à la meilleuresolution du problème.
Nous appliquerons les notions précédentes au pont que l’on bâtit actuellementsur la Durance, à Bonpas. Ce pont, construit en bois, est établi entre deuxlevées éloignées l'une de l’autre de Soi mètres. La largeur de la rivière, dansles basses eaux, est seulement de 110 mètres, et la profondeur moyenne del m ,30. Niais les crues de la rivière s’élèvent de 5 mètres, et alors la surface dudébouché est de 1530 mètres carrés.
Le lit de la rivière n étant point encaissé, et la largeur étant considérablerelativement à la profondeur, il était difficile de connaître la vitesse moyenneavec quelque exactitude. Mais à environ L myriamètres au-dessus de Bonpas,près de Mirabeau, la Durance passe entre deux rochers presque à pic, et quine sont éloignés l'un de l’autre que de 180 m . On a observé dans cet endroit lahauteur et la vitesse de l’eau pendant des crues plus ou moins considérables, eton a reconnu :
1° Que la rivière ayant 2 m ,44 de profondeur réduite, la vitesse moyenneétait de l m ,93 par seconde.
2° Que lorsque la rivière avait 2 m ,92 de profondeur réduite, la vitessemoyenne était de 2 m ,44 par seconde.