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LIVRE SECOND.
DES PRINCIPES GÉNÉRAUX
DE L’ÉTABIISSEMENT DES PONTS
ET DE LA MANIÈRE DE FIXER LES DIMENSIONS DES DIVERSES PARTIES.
Le principal objet dont on doive s’occuper en faisant le projet d’un pont, estde donner aux arches une ouverture convenable pour que les eaux des inonda-tions y passent librement, et d’en assurer la durée par une bonne construction.
La solidité d’un pont dépend presque entièrement de la manière dont il estfondé. Lorsque ses fondements sont bien établis, la partie supérieure peut êtreexécutée avec simplicité ou avec luxe, sans que cela influe beaucoup sur ladurée de l’édifice. On voit un grand nombre de ponts se détruire ou être emportéspar l’effet des méthodes vicieuses employées pour les fonder, et bien peu par lamauvaise construction des piles ou des voûtes. Il est au moins facile de corrigerce dernier défaut, et de prévenir les suites qu’il pourrait avoir.
On a vu que presque tous les ponts élevés avant le dix-huitième siècle sontbâtis avec beaucoup d’économie, tant pour le genre de leur construction quepour la largeur qu’on leur a donnée, puisque les plus importants offrent à peineun passage pour deux voitures. Les ponts de Paris sont, pour la plupart, exces-sivement larges, mais on ne leur avait donné cette largeur considérable quepour pouvoir y placer deux rangs de maisons, qui rendaient même la voie pu-blique assez étroite.