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NOTE
Sur la résistance de la pierre à l’écrasement.
La résistance de la pierre peut être considérée de plusieurs manières différentes. On peutdemander : 1° quel sera le poids qu’une pierre encastrée à l’une de scs extrémités pourrasoutenir à l’autre ; 2° en la supposant posée entre deux surfaces horizontales, quel fardeau ellepourra porter sans s’écraser ou sans s’éclater sous la charge ; 5° en la supposant retenue verti-calement par la partie supérieure, quel poids on pourrait suspendre à l’extrémité inférieuresans obliger la pierre à se séparer.
Il est rare que dans la disposition des édifices on suspende des fardeaux aux extrémités despierres ; il arrive toujours au contraire, soit dans la construction des points d’appui, soit danscelle des voûtes, que les pierres se trouvent pressées entre deux surfaces parallèles. Aussi,quoiqu’on ait fait quelques expériences sur la résistance des pierres retenues à l’une de leursextrémités, la recherche de leur force considérée sous ce point de vue est à peine commencée,tandis qu’on peut regarder actuellement celle de la résistance des pierres posées à plat, sinoncomme entièrement complète, du moins comme très avancée. On s’occupera seulement ici dece genre de résistance.
Il n’y a pas très longtemps que l’on a cherché à se rendre compte du poids que les pierressont susceptibles de soutenir; et si l’on considère la grande épaisseur que les anciens ontdonnée partout aux points d’appui de leurs édifices, on sera porté à croire qu’ils n’avaient quepeu d’idée de la résistance des matériaux qu’ils employaient. La hardiesse des architectes dumoyen âge, qui ont quelquefois fait porter des masses considérables sur des colonnes trèsminces et très élevées, pourrait au contraire faire penser qu’ils avaient étudié sous ce rapportles propriétés de la pierre. Mais il n’est resté aucune trace des recherches qu’ils ont pu faire ;et, d’après l’état des sciences dans les siècles barbares où ils ont travaillé, il est plus naturelde croire qu’en cherchant, sans trop de réflexion, à enchérir de légèreté les uns sur les autres,ces architectes sont arrivés à des limites qu’il eut peut-être été possible de reculer encore. Ona cité comme un des exemples les plus remarquables du peu de surface des points d’appuigothiques, deux colonnes de l'église de Toussaints d’Angers . Leur diamètre est seulement de50 centimètres, et leur hauteur de 7 m ,8. Elles soutiennent des voûtes d’arrètes en ogive dontles nervures sont en pierres de taille, et le poids porté par chacune d’elles est de 51,300 kilo-grammes.
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