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SECONDE SUITE D’EXPÉRIENCES.
Les résultats de la seconde suite d’expériences faites sur les mêmes prismes, fichés de lamême manière, sont consignés dans le second tableau. Les pierres ont été détachées aprèsdix-sept et dix-huit jours de dessication. Dans les expériences n° \ , n" 2, n° 3 et n° 4, ons’est servi d’une petite corde dont la résistance peut être négligée. Dans les quatre autres , ons’est servi d’une vieille corde de 25 millimètres de diamètre, passant sur une poulie qui avaitune boîte en cuivre et un axe en fer de 27 millimètres de diamètre. La ligne de traction étaitélevée de 20 millimètres au-dessus de la surface de la dalle. Les prismes ont offert, en se déta-chant , les mêmes circonstances qu’ils avaient déjà présentées dans la première suite d’ex-périences.
RÉSULTAT DES EXPÉRIENCES.
Il résulte de ces expériences, et principalement de celles qui ont été faites sur les prismesdont les bases étaient les plus grandes, que la force d’adhérence des mortiers est propor-tionnelle à la surface ; que celle du mortier de sable est beaucoup plus considérable que celledu mortier de ciment, et que la première peut être évaluée à (3960 kilogrammes, et la secondeà 5700 kilogrammes par mètre carré. On a obseryé d’ailleurs qu’après une dessication pro-longée pendant un an, la force d’adhérence du mortier de ciment était moitié moindre quecelle du mortier de sable.
Il n’en est pas de même lorsque les mortiers sont employés sous l'eau. M. Boistard a fait,sur cet objet, une expérience dont il résulte que deux pierres, dont la surface de la base étaitde 0 m carré, 04G9, ayant été fichées le même jour, l’une en mortier de ciment, et l’autre enmortier de sable, et descendues aussitôt sous l’eau, on a reconnu, seize mois après, qu’unpoids de 5G,29 kilogrammes a suffi pour détacher la seconde, qui pesait lG,lo kilogrammes,et où le mortier était aussi mou qu'au moment de l’emploi, tandis qu’un poids de 490 kilog.n’a pas suffi pour détacher la première, qui pesait le même poids, et où le mortier de ciment étaittrès dur.
Expériences sur le frottement des pierres glissant les unes sur les autres.
Le troisième tableau, placé à la suite de cette note, contient le détail de ces expériences.Il en résulte que le frottement est proportionnel à la pression, et que le plus ou moins d’aspé-rités des surfaces influe peu sur la valeur de ce frottement, qui est toujours égal aux quatrecinquièmes de la pression.
Il est dit dans le Mémoire sur le cintrement et le décintrement des ponts, de M. Perronet,que lorsqu’on pose les voussoirs d’une voûte, ils ne commencent à glisser et à s’appuyer surje cintre qu’autant que l’inclinaison des joints est devenue de 59 à 40°. Cela suppose que lerapport du frottement est 0,82, résultat qui diffère très peu de celui que l’on déduit desexpériences de M. Boistard.
D’après des expériences rapportées dans le Traité de l’art de bâtir de M. Rondelet(Tome III, page 245), le rapport du frottement à la pression est 0,58 pour une pierre de liaisbien dressée au grès, glissant sur une pierre semblable.