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sur les arbalétriers qu'ils réunissent, ne forment plus que des liaisons imparfaites,et le cintre devient très susceptible de changer de forme. On voit (lîg. 5) unexemple d’une disposition semblable dans un cintre proposé par Pitrou pour lepont de Blois . On a été obligé, pour assujélir les arbalétriers, d’employer desaiguilcs ou clefs pendantes, qui portent des contrelîches et de grandes moiscs.Ce cintre est composé de deux parties séparées, elles deux aiguilles placées ausommet ne portent point immédiatement l’une contre l’autre, arrangement quidonne un moyen commode d’opérer le décinlrcmcnt : en détruisant peu à peules cales placées entre les aiguilles , les deux parties du cintre se détachent sanssecousses de la voûte, et laissent enlever facilement les cales cl les eouehis.
Pcrronct a adopté, pour les grandes arches qu’il a fait construire, une disposi-tion différente (lîg. 8 et 9). Ses cintres sont composés de plusieurs cours d’ar-balétriers formant des portions de polygones, dont les angles des uns répondentau milieu des côtés des autres ; ces arbalétriers sont réunis par des moiscspendantes, dont la direction est normale à la surface de la douelle , et danslesquelles sont reçus les abouts des pièces.
Ce système, dont la première application paraît avoir été faite par HardouinMansard à la construction d’un pont à Moulins , cl qui, d’après la manière dontles bois sont disposés, semblerait au premier coup-d’œil cire susceptible d’unegrande résistance, n’a pas toujours bien réussi : la multiplicité des articulationsfacilitant le jeu des parties, les cintres de celte espèce changent de forme avectrop de facilité.
Ils ont été employés (1) au pont de Cravant, où l’ouverture des arches est de19,49 mètres, et où les voûtes avaient 1,3 d’épaisseur à la clef. Les fermesétaient espacées à 1,79 mètre de milieu en milieu. Elles étaient composées detrois cours d’arbalétriers de 5 à G mètres de longueur, sur 22 à 23 mètres d’éear-rissage. Les bois ont paru trop faibles; ils auraient dû avoir au moins 27 cen-timètres.
Au pont de Nogent , dont l’ouverture est de 29,21 mètres et l’épaisseur à laclef de 1,16 mètre; il y avait également trois cours d’arbalétriers de G à 7 mètresde longueur, sur 38 à 43 centimètres d’écarrissagc. Les fermes étaient, espacéesà 2,27 mètres. Cependant les cintres étaient extrêmement forts , et on aurait puse contenter de donner aux arbalétriers 32 à 33 centimètres.
(1) Voyez le Mémoire sur le cinlrement et te décinlrcmcnt des ponts, dans les œuvres dePcrronct.