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Tome deuxième.
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Au pont de Mantes , les fermes étaient espacées à 2,19 mètres; elles étaientcomposées chacune de quatre cours darbalétriers de 58 à 40 centimètres décar-rissage. Le tassement des cintres a été de 525 millimètres à la grande arche, etde 214 millimètres aux arches collatérales. 11 s'est trouvé précisément égal à celuiquon avait prévu. A mesure quon posait les voussoirs des reins, les cintresfléchissaient sous leur poids tandis quils se relevaient au sommet, quon a étéobligé de charger considérablement. On verra dans la suite quelle méthode on

employait pour la pose des voussoirs, et par quels moyens on parvenait à éviter,aulant que la chose est possible, que la régularité de la courbure de la voûte nefût altérée par le mouvement continuel du cintre.

Les cintres du pont de Ncuilly étaient semblables à ceux du pont de Mantes pour la grosseur des arbalétriers, et pour le nombre des cours. Louverture desarches du pont de Ncuilly est égale à celle de la grande arche du pont de Mantes ,mais celle dernière est beaucoup moins surbaissée; et quoique lépaisseur de la\oùle soit moins grande au pont de Ncuilly, cl que les fermes ny fussent placéesquà 1,95 mètre de distance, clics se sont trouvées trop faibles. A chaque fermesept ou huit arbalétriers ont été fendus sur toute leur longueur; dautres ont plié,et partout leurs extrémités ont pénétré de 4 à 5 millimètres dans les faces desmoises. Le tassement des reins et le soulèvement du sommet étaient très consi-dérables : on a clé obligé de charger successivement ce dernier point de 122mille, 416 mille et 4-55 mille kilogrammes. Lorsquon était prêt à fermer lesvoûtes, et quil ne restait plus que sept cours de voussoirs à poser, le tassementgénéral du cintre était de 7 à 8 centimètres en vingt-quatre, heures; et il eût étébien plus considérable encore sans la grande célérité quon a mise à la pose, clla précaution de forlilier les cintres par des conlrefiches allant dune ferme àlautre, et de placer des étrésillons de bois entre les cours de voussoirs opposés (1 ).

On attribua les fentes qui sétaient manifestées dans les arbalétriers à ce que,dans les changements de forme du système, ces arbalétriers ne portaient pas égale-ment contre les moises sur toute la surface de leurs extrémités, et on chercha à cor-riger ce défaut en taillant chaque extrémité suivant un arc de cercle dont le centreétait placé à l'autre. Celte disposition, qui a été adoptée pour le cintre du pontde Ponl-Sainlc-Maxence, et pour celui du pont de la Concorde, à Paris , a réussi

(1) Ces détails sont tirés en partie des œuvres de Pcrronet , et en partie dune lettre ma-nuscrite de M. Demouslier, qui avait surveillé les travaux du pont,