de la ville. A la suite de la guerre de Bertlioud (1382—84),elle acquit les villes de Tlioune et de Bertlioud, qui avaientappartenu jusque-là à la maison de Kybourg ; en 1415, ellearracha au duc d’Autriche l’Argovie jusqu’à la Reuss ; pen-dant les guerres de Bourgogne (1474—77), elle s’emparad’une partie du pays de Yaud, dont elle acheva la conquêteen 1536. Son territoire s’étendait alors des sources de l’Aar presque jusqu’à son embouchure, des frontières de la Savoie et de la Haute-Bourgogne jusqu’aux Waldstâtten. Elle aurait,grâce à sa politique sage et hardie, étendu au loin sa do-mination du côté de la Savoie et de la Franche-Comté , sila jalousie des autres Etats confédérés et la scission amenéepar la Réformation (1528), puis les guerres de Vilmergen(1656 et 1712) n’avaient mis un frein à ses aspirations.
Mais ses brillants succès à l’extérieur contenaient engerme la décadence qui devait se produire à l’intérieur.L’acquisition de territoires étrangers amena la ruine de l’an-tique égalité démocratique. Les pays achetés ou conquis,au lieu d’être appelés à jouir des mêmes droits que la ville,étaient administrés comme pays sujets par des baillis. Apartir du 16 me siècle, on rendit plus difficile l’acquisitiondu droit de bourgeoisie, la démocratie dégénéra bientôt enaristocratie puis en oligarchie. L’autorité de cette dernièrene parut pas d’abord être ébranlée par la guerre des pay-sans (1653), la tentative du major Davel (1723), et laconspiration de Samuel Henzi (1749) ; mais ces révoltes suc-cessives n’en laissèrent pas moins parmi les „sujets“ unecertaine irritation contre les „gracieux Seigneurs“ de Berne ,irritation qui devait menacer plus tard l’intégrité de l’Etat.C’est pourquoi la vieille république, si solide en apparenceet si délabrée en réalité, ne fut pas en état de résister auxassauts de la révolution française. En 1798, les troupes de