DE L’HORLOGERIE. 6S
pontifical, où il mourut en 1003. Ce grand homme fit honneur à son pays et à sonsiecle. Il possédait presque toutes les langues mortes ou vivantes. Il était mécanicien,astronome, physicien, géomètre, algébriste, etc. Il importa en France les chiffresarabes. Au fond de sa cellule de moine, comme au sein de son palais archiépiscopal,son occupation favorite fut la mécanique. Il était habile dans l’art de construire descadrans solaires, des clepsydres, des sabliers, des orgues hydrauliques, etc. Ce futlui qui, le premier, si l’on en croit Haeften, Moreri , Marlot, le président Hénault,les Annales lîènédiclines, etc., appliqua le poids moteur aux Horloges . Il est, suivant
les mêmes autorités, l’inventeur dece mécanisme admirable que l’onnomme {'échappement, la plus belle,la plus nécessaire de toutes les inven-tions qui ont été faites dans l’Horlo-gerie .
Nous n’ignorons pas que plusieursécrivains et savants qui nous ont pré-cédé dénient à Gerbert le mérite deces deux inventions. Nous savons quenulle preuve, ni pour ni contre,n’existe à ce sujet. Les moines quiont écrit les Annales Bénédictines af-firment que Gerbert fut l’inventeurdes Horloges à rouages marchantsans le secours de l’eau; le présidentHénault répète cette assertion dansle premier volume de son Histoire deFrance; beaucoup d’autres auteursanciens et modernes sont du mêmeavis, mais aucun d’eux ne parvientà faire partager son opinion aux lec-teurs. D’un autre côté, les savants qui assurent que Gerbert ne fut pas l’auteur de cesinventions sont loin de donner des raisons valables à l’appui de leur opinion : les dis-sertations qu’ils font à ce sujet commencent à peu près toutes comme il suit : « Ilest peu probable que Gerbert soit l’inventeur de..., » etc. — Ou bien : « On attribue;, u moine Gerbert l’invention du poids moteur et de l’échappement ; c’est une erreur :d est probable que..., » etc. — Ou bien encore : « Nous croyons savoir que l’Horloge que Gerbert fit àMagdebourg était un cadran solaire..., etc., etc. »
Ces auteurs ne sont pas non plus d’accord sur l’époque où furent inventées les Hor-loges purement mécaniques. Les uns font remonter cette invention au sixième siècle,d’autres au huitième ou au neuvième; d’autres enfin en font honneur à Jean Muller,