162 HISTOIRE
talent par Antide Janvier , dont nous ferons connaître les travaux astronomiques à lafin de ce chapitre. Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici cette traduction;car, suivant la promesse que nous avons faite au début de cet ouvrage, nous nouseffaçons volontiers pour laisser parler les savants auteurs qui ont écrit avant nous, etdont la parole est plus puissante que la nôtre; mais dans ces cas-là nous modifionssouvent le style de nos devanciers, afin de le mettre en harmonie avec le nôtre.
Depuis vingt siècles, des hommes de génie se sont occupés de la recherche du mou-vement des deux. Cette science nous paraît avoir été portée, de nos jours, à sa perfec-tion; mais c’est surtout depuis cent ans (l’auteur écrivait à la fin du dix-septième siècle)qu’elle a fait plus de progrès que dans tous les siècles passés.
On s’était alors principalement appliqué à déterminer le lieu des étoiles et des pla-nètes, à fixer la durée de l’année et des mois, à prédire les éclipses. Nous possédonsaujourd’hui non-seulement toutes ces connaissances, mais nous savons avec une entièrecertitude l’ordre, la position, la proportion, la figure des corps célestes et des orbitesque les planètes et la terre décrivent autour du soleil. Nous avons ajouté, par le moyendu télescope, une quantité innombrable d’étoiles fixes et de nouvelles planètes aunombre de celles qui étaient précédemment connues. Tous ces objets, avant le sièclede Copernic , et quelques-uns avant le nôtre, étaient encore plongés dans de profondesténèbres. Lorsque l’on pense que les anciens astronomes ne connaissaient ni l’ensembledu système du monde, ni chacune de ses parties, on n’est pas étonné qu’ils n’aient pastrouvé le moyen d’en former la représentation artificielle. Quelque estime que fassentles savants de la sphère d’Archimède, de celle de Posidonius dont parle Cicéron , il estcertain qu’elles n’ont pu avoir aucune ressemblance avec le système céleste, ni imiterrégulièrement le mouvement des astres, quoique conçues par le génie et exécutées avecsoin. Mais depuis la réforme et la restauration de l’astronomie on a pu faire des tenta-tives plus heureuses : c’est aussi ce qu’ont entrepris et exécuté plusieurs savants quinous ont laissé quelques machines diversement construites.
En suivant une route différente de nos devanciers, nous avons fait exécuter un auto-mate dans lequel, au moyen d’un petit nombre de roues allant d’un mouvement con-tinu , nous avons représenté sur une surface plane le cours des cinq planètes principalesautour du soleil, celui de la lune autour de la terre, la durée de leurs révolutions,l’excentricité de leurs orbites, leurs dimensions et leur position véritable, l’inégalitédu mouvement de chacune d’elles, selon qu’elles sont plus près ou plus loin du soleil;nous avons même exprimé la légèi'e déclinaison qui les fait écarter du plan de l’orbitede la terre ou de l’écliptique. Outre l’aspect élégant qu’offre cette machine, on y voitnon-seulement l’état présent des planètes, mais, comme dans un calendrier perpétuel,on y trouve celui qui doit venir, ainsi que celui qui est passé. On y remarque les con-jonctions, les oppositions de toutes les planètes, soit avec le soleil, soit entre elles, etcela avec d’autant plus d’exactitude que la machine est plus en grand. Comme beaucoupde personnes l’ont recherchée et ont désiré la connaître ou l’imiter, nous allons en