272 HISTOIRE
» Ce sont les nombres exprimant la durée de 2,000 oscillations qui figurent dans letableau que nous avons dressé. On y verra que, pour les quatre premiers pendules,la durée des oscillations est moindre dans les grandes amplitudes que dans les petites,et que la différence est d’autant moindre que le poids de la lentille est plus considé-rable. On aurait sans doute obtenu l’isochronisme si l’on eût opéré avec des lentillesde plus en plus lourdes.
» Les pendules numéros VI et Vil, au contraire, exécutent des oscillations d’autantplus lentes que l’amplitude est plus grande; de sorte que les ressorts, qui, combinésavec les lentilles de ces deux pendules, produiraient l’isochronisme, devraient, sil’expression nous est permise, avoir des propriétés intermédiaires entre celles desdeux ressorts dont nous nous sommes servis. On remarquera enfin que le pendulenuméro V offre l’exemple d’un isochronisme presque rigoureux dans les amplitudescomprises entre 1 et 5 degrés. Quoique ce résultat n’ait été obtenu que pour un nom-bre d’oscillations peu différent de 2,000, il n’est pas douteux qu’on puisse l’étendre àun nombre quelconque d’oscillations ; puisque, d’après nos observations, on peut àvolonté se tenir en deçà de l’isochronisme, ou le dépasser de beaucoup.
» Il résulte donc de ces expériences que le poids de la lentille fixée à une règle desapin étant donné, on peut trouver un ressort de suspension qui rende le penduleisochrone.
» Il sera certainement très - intéressant de connaître la loi mathématique qui lie laforce du ressort au poids de la lentille; mais peut-être ne dispensera-t-elle pas d’avoirrecours à l’expérience pour déterminer le poids de la lentille, qui, avec un ressortdonné, rendra un pendule isochrone. En effet, la constitution moléculaire de ce res-sort et le degré de trempe qu’il a reçu sont des éléments fort importants qu’il est biendifficile d’apprécier numériquement. Pour faire ressortir leur influence, nous prîmesun ressort dont les dimensions étaient exactement les mêmes que celles du secondressort, et nous le substituâmes à celui-ci dans la cinquième expérience, pour laquellel’isochronisme existe à très-peu près; cette observation fut décisive. Avec ce ressortde mêmes dimensions, mais qui avait été tiré d’un autre morceau d’acier, la diffé-rence entre les durées de 2,000 oscillations dans les amplitudes de 1 et de 5 degréss’éleva à trois dixièmes de seconde.
» Quoi qu’il en soit, les artistes préféreront peut-être procéder expérimentalement.Si l’on dirige bien les essais, on peut en quelques jours rendre un pendule isochrone.Comme il est indispensable que la position du ressort soit tout à fait invariable, il vautmieux faire porter les tâtonnements sur le poids de la lentille en conservant toujoursle même ressort de suspension. Pour faire l’expérience plus commodément, on pourrase servir d’une lentille composée de plusieurs bandes parallèles que l’on remplacera àvolonté par d’autres plus ou moins lourdes. 11 est à peine nécessaire d’ajouter que lependule en expérience devra être à compensation, afin qu’on n’ait rien à craindre deschangements de température. Bien que la résistance de l’air ne soit pas constante