Buch 
Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
Entstehung
Seite
314
JPEG-Download
 

3U HISTOIRE

de d, il s’ensuit que cette cheville descendrait encore de la valeur de son rayon aprèsavoir échappé, et par conséquent la cheville qui est au-dessus tomberait de la mêmequantité; ce serait là une chute que l’on doit toujours éviter, soit à cause du trémous-sement et de l’usure qu’elle produit dans les pièces, soit à cause de la perte de forcequi serait employée inutilement dans le choc.

» Or, en retranchant la moitié de l’épaisseur de la cheville, il arrive qu’aussitôtqu’elle a échappé elle est en état de passer sous le levier et que la cheville suivante setrouve d’elle-même, et sans aucune chute, arrivée sur l’arc de repos.

» Quoique les chevilles soient réduites à des moitiés de cylindre, c’est toujours leurconvexité, c’est-à-dire leur partie inférieure qui frotte sur les arcs de repos; or il nepeut pas y avoir de frottement moindre en surface que celui d’une surface convexesur une surface plane; l’huile et les ordures qui s'amasseraient sous la surface d’unedent et qui contribueraient à user tout autre échappement ne peuvent se rencontrersous une cheville aussi mince. C’est aussi par leur convexité x, m, y , n que les che-villes agissent sur les plans inclinés, et elles n’échappent que lorsque l’angle de lacheville est arrivé à l’angle inférieur du plan incliné.

» Cet échappement réunit donc généralement tous les avantages que l’on avait dési-rés jusqu’à présent dans un échappement, sans en avoir aucun défaut.

» Les repos sont parfaitement égaux et à égale distance du centre; le frottement surles arcs de repos est très-petit; les deux arcs de repos sont tous les deux concaves etparcourus avec la même vitesse, la même force, la même direction. Les leviers parlesquels la roue agit sont égaux, aussi bien que les plans sur lesquels elle agit; l’im-pulsion commence à la même distance du centre, et finit à la même distance sur tousles deux; elle se fait avec une même force et dans le même sens. » (Lepaute , Traitéd’horlogerie. )

L’ancre de l’échappement à chevilles est de nature à s’user promptement, surtout àl’endroit où se produit la chute . M. Robin a cherché à remédier à cet inconvénient enconstruisant une ancre dont les bras, reposant sur un ressort, sont mobiles et cèdentlégèrement à la pression que produisent les chevilles de la roue à chaque fois qu’ellestombent sur le repos. Le frottement est notablement diminué dans cette construction ;mais, soit qu’elle soit difficile à exécuter, soit qu’on ait reconnu qu’une ancre ainsifaite était contraire au principe de l’échappement, peu d’horlogers ont employé le sys-tème de M. Robin, et l’ancre mobile est aujourd’hui tout à fait oubliée. On peutvoir, au Conservatoire des arts et métiers, dans la nouvelle galerie ouverte au public,un fort beau régulateur où M. Robin a fait l’échappement à chevilles, suivant laméthode que nous venons d’indiquer. Ce régulateur est fort bien exécuté; c’est unedes pièces les plus intéressantes de la galerie dans laquelle il est placé.

Nous terminerons notre démonstration des échappements par une dissertation surla longueur la plus convenable à donner aux bras des échappements qui sont adoptésgénéralement dans les pendules et les horloges. Cette dissertation, que nous emprun-