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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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DE L’HORLOGERIE.

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» Ces émigrations, déjà trop fréquentes, deviendront encore plus communes àcause de la multiplicité des artistes, et l’effet le plus sûr d’une liberté indéfinie, serade confondre tous les talents et de les anéantir par la médiocrité du salaire, quel’affluence des marchandises doit sensiblement diminuer. Non-seulement le commerceen général fera une perte irréparable, mais tous les corps en particulier éprouverontune secousse qui les anéantira tout à fait. Les maîtres actuels ne pourront plus conti-nuer leur négoce, et ceux qui viendront à embrasser la même profession ne trouve-ront pas de quoi subsister; le bénéfice, trop partagé, empêchera les uns et les autresde se soutenir; la diminution du gain occasionnera une multitude de faillites. Lefabricant n’osera plus se fier à celui qui vend en détail. La circulation une fois inter-ceptée, une crainte aussi légitime qu’habituelle arrêtera toutes les opérations du cré-dit, et ce défaut de sûreté énervera peu à peu, et finira par détruire toute l’activitédu commerce, qui ne s’étend et ne se multiplie que par la confiance la plus aveugle.

» Ce n’est point assez d’avoir fait envisager à Votre Majesté la désertion des meil-leurs ouvriers comme un malheur peut-être inévitable; elle doit encore considérerque la loi nouvelle portera un coup funeste à l’agriculture dans tout son royaume. Lafacilité de se soutenir aujourd’hui dans les grandes villes avec le plus petit commercefera déserter les campagnes, et les travaux laborieux de la culture des terres paraî-tront une servitude intolérable en comparaison de l’oisiveté que le luxe entretientdans les cités. Cette surabondance de consommateurs fera bientôt renchérir les den-rées, et, par une conséquence encore plus affligeante, toute police sera détruite sansqu’on puisse même espérer de la rétablir que par les moyens les plus violents. Lenombre immense de journaliers et d’artisans que les grandes villes et que la capitalesurtout renfermera dans son sein doit faire craindre pour la tranquillité publique. Dèsque l’esprit de subordination sera perdu, l’amour de l’indépendance va germer danstous les cœurs. Tout ouvrier voudra travailler pour son compte; les maîtres actuelsverront leurs boutiques et leurs magasins abandonnés ; le défaut d’ouvrage, et la disettequi en sera la suite, ameutera cette foule de compagnons échappés des ateliers où ilstrouvaient leur subsistance, et la multitude, que rien ne pourra contenir, causera lesplus grands désordres.

» Nous craignons, Sire, de charger le tableau, et nous nous arrêtons pour ne pointalarmer le cœur sensible de Votre Majesté; mais, en même temps, nous croirionsmanquer à notre devoir si nous ne protestions pas ici d’avance contre les maux publicsdont la loi nouvelle sera infailliblement une source trop funeste.

» Quelle force n’ajouterions-nous pas à ces considérations, s’il nous était permisde représenter à Votre Majesté, qu’on lui fait adopter, sans le savoir, l’injustice la pluscriante! Qui osera néamoins l’exposer à vos yeux, si notre ministère craint de secompromettre et se refuse aux intérêts de la vérité?

» Ce n’est pas, Sire, que nous cherchions à nous cacher à nous-mêmes qu’il y ades défauts dans la manière dont les communautés existent aujourd’hui : il n’est point

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