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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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DE L’HORLOGERIE. 335

différents corps d’arts et métiers de son royaume. Dans l’édit qui vient d’être lu danscette auguste séance,on présente ces statuts, ces règlements comme bizarres, tyran-niques, contraires à l’humanité et aux bonnes mœurs; il ne leur manquait, pour exci-ter l’indignation publique, que d’être connus. Cependant, Sire, la plupart sont con-firmés par des lettres patentes des rois vos augustes prédécesseurs; ils sont l’ouvragede ceux qui s’y sont volontairement assujettis, ils sont le fruit de l’expérience; ce sontautant de digues élevées pour arrêter la fraude et prévenir la mauvaise foi.

» Les arts et métiers eux-mêmes n’existent que par les précautions salutaires queces règlements ont introduites; enfin, ce sont vos ancêtres, Sire, qui ont forcé cesdifférents corps à se réunir en communautés; ces érections ont été faites non pas surla demande des marchands, des artisans, des ouvriers, mais sur les supplications deshabitants des villes que les arts ont enrichis. C’est Henri IV lui-même, ce roi qui seratoujours les délices des Français , ce roi qui n’était occupé que du bonheur de sonpeuple, ce roi que Votre Majesté a pris pour modèle : oui, Sire, c’est cette idole dela France , qui, sur l’avis des princes de son sang, des gens de son conseil d’État,des plus notables personnages et de ses principaux officiers, assemblés dans la villede Rouen , pour le bien de son royaume, a ordonné que chaque état serait divisé etclassé sous l’inspection de jurés choisis par les membres de chaque communauté, etassujettis aux règlements particuliers à chaque corps de métier différent. Henri IV s’est déterminé à cette loi générale, non pas comme ses prédécesseurs qui ne cher-chaient qu’un secours momentané dans cette création, mais pour prévenir les effetsde l’ignorance et de l’incapacité, pour arrêter les désordres, pour assurer la percep-tion de ses droits et en faire usage à l’avenir suivant les circonstances ; d’où il résulteque c’est le bien public qui a nécessité l’érection des maîtrises et des jurandes; quec’est la nation elle-même qui a sollicité ces lois salutaires ; que Henri IV ne s’est renduqu’au vœu général de son peuple ; et nous ne pouvons répéter sans une espèce defrémissement qu’on a voulu faire envisager la sagesse de ce monarque, si bon et sichéri, comme ayant autorisé des lois bizarres, tyranniques, contraires à l’humanitéet aux bonnes mœurs, et que cette assertion se trouvera dans une loi publique émanéede Votre Majesté.

» Colbert pensait bien autrement. Ce Colbert qui a changé la face de toute la France ,qui a ranimé tout le commerce, qui l’a créé, pour ainsi dire, et lui a assuré la pré-pondérance sur toutes les autres nations; Colbert , qui ne connaissait que la gloire etl’intérêt de son maître, qui n’avait d’autre vue que la grandeur et la puissance dupeuple français ; ce génie créateur qui ranima également l’agriculture et les arts; ceministre, enfin, fait pour servir en cette partie de modèle à tous ceux qui le suivront,fit ordonner que toutes personnes faisant trafic ou commerce en la ville de Paris seraient et demeureraient pour l’avenir érigées en corps de maîtrises et de jurandes.

» Jamais prince n’a été plus chéri que Henri IV; jamais la France n’a été plus flo-rissante que sous Louis XIV ; jamais le commerce n’a été plus étendu, plus profitable