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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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DE L’HORLOGERIE.

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pour les horlogers c’est autre chose : le public n’est pas compétent pour juger si lemécanisme d’une montre ou d’une pendule est bon ou mauvais, il achète, en quelquesorte, les yeux fermés ; et, si l’horloger n’est pas consciencieux, il peut lui vendretrès-aisément un objet valant à peine 100 fr., 200 et même 300 fr. Et maintenantveut-on savoir quels sont les horlogers qui trompent les acheteurs, ce sont en géné-ral les horlogers qui ne le sont que de nom. Nous ne voulons pas dire que ceux-citrompent sciemment le public, Dieu nous en garde! mais ils le trompent par igno-rance : c’est déjà beaucoup trop. Voilà pourquoi nous voudrions que les horlogersformassent une communauté bien et dûment constituée, et alors, comme nous l’avonsdit, nul ne pourrait prendre le titre d’horloger s’il n’en avait positivement le droit.Les acheteurs sauraient positivement à qui ils s’adresseraient; et, s’ils étaient trom-pés, ils auraient recours à la loyauté, à l’impartialité des membres de la chambre syn-dicale, qui leur rendraient toujours bonne et prompte justice.

Lorsque cette organisation serait un fait accompli, il faudrait que les horlogers fissentun règlement auquel tous seraient soumis. La chambre syndicale pourrait servir de lieude réunion pourtousles membres de la corporation. Là, à certains jours réglés, onpourrait traiter en famille toutes les questions artistiques, commerciales et industriellesqui se rattachent à l’horlogerie. Ces questions, savamment discutées par les personnescompétentes, seraient un enseignement permanent et un sujet d’étude pour tous lesesprits sérieux. Mais il ne suffirait pas que les horlogers de Paris fussent édifiés par lesdiscussions ou conférences qui s’établiraient parmi les membres de la corporation; ilfaudrait aussi que la lumière se répandît dans les départements. Pour arriver à ce but,il y aurait un moyen bien simple et qui est tout à fait dans nos mœurs constitution-nelles ou républicaines : ce moyen serait de fonder un journal spécial qui deviendraitla tribune de tous les artistes horlogers de Paris , de la province et même de l’étran-ger. Toutes les inventions, les perfectionnements, etc., qui viendraient successive-ment enrichir l’horlogerie, seraient mentionnés dans ce journal, qui paraîtrait une oudeux fois par mois, suivant les besoins de la société. Que l’on ne croie pas que cettefeuille serait une charge pour la communauté ; nous avons la conviction qu’elle pro-duirait, au contraire, quelques bénéfices; car étant, comme elle le serait indubita-blement, utile, intéressante, instructive au dernier point, aussi bien pour le plusfaible apprenti que pour le plus savant des horlogers, elle aurait un très-grand nom-bre d’abonnés. Enfin, ce journal, soutenu par une corporation puissante, rédigé pardes hommes instruits, consciencieux, acquerrait bientôt une autorité morale quiserait d’un grand secours pour raviver l’émulation parmi les artistes et restituer àl’art la force et la splendeur qu’il n’a plus (1).

(1) Nous pensons que ce serait une chose excellente, dans l’intérêt de l’art et des artistes, de créer dèsà présent un journal spécial des horlogers et mécaniciens. Dans notre projet, ce journal paraîtrait unefois par mois ; chaque numéro contiendrait deux feuilles d’impression, soit 32 pages grand in-S° ; il pour-