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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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340 HISTOIRE

Nous voudrions traiter plus à fond ce sujet; mais la place et le temps nous man-quent. D’ailleurs, nous en avons dit suffisamment pour que notre pensée soit com-prise : nous espérons qu’elle grandira dans l’esprit de nos confrères, et qu’un jourelle aura fait assez de progrès pour que l’on puisse la mettre à exécution ; ce sera lecommencement d’une ère glorieuse pour l’horlogerie : puissions-nous en être témoin !Ce serait avec bonheur que nous applaudirions aux succès des jeunes horlogers qui,pleins de force et d’ardeur, s’élanceraient enfin dans une carrière devenue moinsaride que celle que nous parcourons en ce moment.

Quoique l’horlogerie ne soit plus en honneur comme autrefois, quoique le com-merce des montres et des pendules soit livré à des hommes qui, pour la plupart, sontétrangers à la science, celle-ci, grâce à d’honorables individualités perdues dans lafoule, n’a pas cessé de faire des progrès. Honneur en soit rendu à ces hommes, qui,inspirés par la science, en ont reculé les limites! Les jalons avancés qu’ils ont hardi-ment plantés sur la route chronométrique serviront de guides à la génération quis’avance, et celle-ci, à son tour, saura reculer les bornes de l’art.

L’époque républicaine ne pouvait pas être favorable à l’Horlogerie , car le canongrondait alors dans toute l’Europe, et plus loin encore, puisqu’il se faisait entendrejusqu’au pied des pyramides d’Égypte .

L’apprentissage des jeunes gens devenait nul, car à peine lavaient-ils terminé qu’ilsétaient obligés d’aller combattre à la frontière pour repousser les étrangers ou d’en-vahir le territoire ennemi, dont les habitants vaincus et soumis devenaient tributairesde la République .

Depuis 1794 jusqu’à 1800, nulle invention sérieuse et remarquable ne fut faite dansl’Horlogerie française. Seulement, en 1794, le 5 fructidor (22 août), la Conventionnationale rendit un décret qui prescrivit l’usage des mesures décimales dans toutel’étendue de la République . Les horlogers durent se conformer à ce décret, et ils adop-

rait contenir en outre une planche technique ou le portrait d’un horloger célèbre. Les 12 numéros forme-raient chaque année un joli volume, et, au bout de quelques années, ces volumes réunis contiendraientune encyclopédie complète de l’art de l’horlogerie.

Pour que les véritables artistes qui concourent aux progrès de l’art par des travaux remarquables, pardes inventions ou des perfectionnements quelconques, ayant rapport à la science chronométrique, fussentconnus et appréciés, non-seulement par leurs confrères, mais encore par le public intelligent, il faudraitque chaque numéro du journal fût envoyé gratis aux sociétés savantes et dans les principaux cercles oucabinets littéraires de la France et de l’étranger. D’après les supputations que nous avons faites, ce jour-nal ne coûterait pas plus de 12 francs par an; il serait intitulé la Tribune Chronométrique, Moniteuruniversel des horlogers.

Nota. Il y a plus d’un an que cet article est écrit, mais par une circonstance indépendante de notrevolonté il n’a pu paraître qu’aujourd’hui, et déjà notre projet de journal est réalisé, le premier numérode la Tribune Chronométrique a paru le 15 janvier dernier.

Nous espérons que tous les vrais horlogers, maîtres ou ouvriers, nous aideront à accomplir notre œuvreen souscrivant à notre journal.