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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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354 HISTOIRE

une différence dans sa marche de la première à la vingt-quatrième heure, chaquejournée étant composée de la même somme de périodes, elles donneraient un mêmemouvement diurne, s’il n’y avait aucune autre cause de variation qu’une décrois-sance de force motrice se reproduisant chaque jour de même. Mais on a exagéré la dif-férence possible sans songer qu’il y a des moyens de corriger la plus grande partie decette inégalité dans la connaissance approfondie de la machine et des ressources pourfaire disparaître les inconvénients qui pourraient résulter de la très-petite quantitérestante. Au surplus, cette objection est abandonnée aujourd’hui par les horlogers quiemploient la fusée et qui sont très-experts en horlogerie nautique, la suivante est laseule à laquelle ils s’arrêtent.

» Deuxième objection. — Pelotonnemenl du ressort. — Le pelotonnement du ressortest un obstacle réel à tout établissement d’un bon chronomètre; ce pelotonnementaura lieu avec le barillet denté, mais seulement quand ce barillet et le ressort ne serontpas ce qu'ils doivent être. Les recherches faites par M. Robert lui ont appris à mettr ele barillet denté et le ressort dans des conditions de marche telles qu’il n’y a plus àcraindre ni décroissance de force motrice de la première h la vingt-quatrième heure,ni pelotonnement du ressort; c’est ce qui l’a déterminé à rejeter la fusée.

» De l'arrêt de remontoir. — Quoique l’arrêt de remontoir ne joue aucun rôle dansla marche de la pièce, il est important qu’il soit placé dans des conditions telles qu’ilrende le travail de l’horloger aussi prompt que facile.

» L’arrêt dit à croix de Malte ordinaire, employé dans les montres à cylindre, nepouvait convenir ; les modifications que M. Robert y a apportées ont pour objet defaire faire l’arrêt proprement dit à la tangente, et non sous un angle très-obtus,comme cela a lieu dans les montres à cylindre, ce qui produit une décomposition deforce et une répulsion considérable entre les deux parties qui composent cet arrêt.Dans les montres de poche cela a peu d’inconvénients; la clef est petite, le mouve-ment de la montre est très-faible, on a l’habitude de le manier doucement, cela pré-vient les accidents; tandis qu’on est habitué à se servir de fortes clefs pour les chro-nomètres et à les remonter souvent avec plus de force qu’il ne faudrait, ce quioccasionnerait des détériorations si l’on ne modifiait pas l’arrêt.

» L’arrêt à engrenage, quelque bon qu’il paraisse, est trop incommode; aussi est-ilcomplètement abandonné; d’ailleurs il est beaucoup plus compliqué que celui à croixde Malte modifié.

» De la roue d’échappement. — La forme des dents de la roue indiquée, fig. 5 , estla plus convenable; anciennement on faisait le devant de la dent se dirigeant vers lecentre; une longue expérience a montré que, dans ce cas, la roue se détruisait et qu’ily avait une perle de force; aujourd’hui presque tous les artistes s’accordent à adopterl’inclinaison indiquée et ne diffèrent que par quelques degrés de plus ou de moins.

» La creusure d’un seul côté donnée à la roue la rend aussi légère que si elle étaitcreusée des deux côtés, ainsi qu’on l’a pratiqué dans les plus belles pièces françaises.