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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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DE L’HORLOGERIE.

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une distance inégale sur les segments de cercle du balancier, seraient susceptibles dese rapprocher ou de s’éloigner inégalement du centre du balancier par l’effet de lachaleur ou du froid; et on conçoit qu’alors ce balancier, qui aurait été parfaitementéquilibré par une température moyenne, ne le serait plus par une températureextrême: il en résulterait donc une grave perturbation dans la marche du chrono-mètre.

C’est à Pierre Le Roy que l’on doit l’invention du ressort spiral cylindrique aveclequel on obtient l’isochronisme des vibrations du balancier. La méthode du savanthorloger est celle-ci : plus un spiral cylindrique ou en tire-bouchon est court, plus lesvibrations sont précipitées lorsque le balancier parcourt de grands arcs, parce quedans ce cas-là les lames du spiral se trouvent extraordinairement tendues (1), et lorsquela vibration s’achève la réaction en sens opposé devient d’autant plus vive que le spi-ral a été plus tendu. Au contraire, lorsque le spiral est très-long, les grandes vibra-tions du balancier s’achèvent en moins de temps que les petites, car alors les lamesdu balancier ne se trouvent pas beaucoup plus tendues dans les grandes que dans lespetites vibrations. Il suit de là qu’un spiral cylindrique trop long ou trop court ne peutpas être isochrone.

Ce principe une fois connu, il est facile de trouver un spiral qui procure un isochro-nisme parfait; voici comment on procède.

Lorsque le chronomètre est terminé, et que tous les organes qui le composentsont à leur place, on remonte le ressort moteur et on lui donne le plus de bandepossible, afin de faire décrire de grands arcs au balancier ; on met les aiguilles d’ac-cord avec celles d’un bon régulateur et on laisse marcher le chronomètre pendant 12heures, puis on marque la différence qu’il a faite en retard ou en avance ; alors ondébande un peu le ressort, qui, devenant plus faible, fait parcourir de moins grandsarcs au balancier; on remet les aiguilles à l’heure sur le même régulateur, et quandle chronomètre a marché encore 12 heures on marque de nouveau le retard oul’avance qu’il a fait : en un mot, on s’assure si, quand le balancier parcourt des arcsplus ou moins grands, la montre retarde ou avance, ou si elle suit la pendule astro-nomique. Si elle retarde dans les grands arcs, c’est parce que le spiral est trop long,et il faut le raccourcir; si, au contraire, elle avance dans ces mêmes grands arcs,c’est une preuve que le spiral est trop court, et dans ce cas-là il faut supprimer cespiral et en mettre un autre plus long, et recommencer l’expérience; il faut enfinraccourcir ou allonger le spiral jusqu’à ce que la marche du chronomètre soit par-

(1) Elles agissent alors plus près des deux extrémités du ressort spiral, et, comme ces extrémités sontfixées, l’une dans le piton, l’autre dans la virole, il en résulte que leur tension est bien plus forte à cesextrémités, et que par cela même la réaction qui suit devient plus forte.

On doit sentir aussi que les courbes rentrantes des extrémités du spiral ont une grande influence sur leréglage du chronomètre; c’est souvent en les prononçant plus ou moins, quand on a l’habitude de cessortes d’opérations, que l’on parvient à obtenir l’isochronisme définitif des vibrations du balancier.