362 HISTOIRE
venait pas à la rendre telle par les masses réglantes primitives, il faudrait les rempla-cer par d’autres qui seraient plus lourdes, et adapter au balancier un ressort spiralplus fort que le premier, et qui, comme celui-ci, produirait l’isochronisme des vibra-tions du balancier. Il est du reste bien rare que les personnes qui s’occupent habi-tuellement de la construction des montres marines ne soient pas presque toujourscertaines de réussir du premier coup; aussi ne donnons-nous ces détails que pour lesartistes qui ne se livrent pas spécialement à la fabrication des instruments de pré-cision.
DU RÉGLAGE DES CHRONOMÈTRES PORTATIFS.
Les montres marines conservent toujours, à bord des navires, la position horizon-tale; il n’en est pas de même des chronomètres de poche ou des autres montres, quisont sujettes à changer de position à chaque instant ; il convient donc de chercher àles régler dans les positions qu’elles occupent ordinairement, c’est-à-dire dans cellesverticale et horizontale. Il faut d’abord s’attacher à faire tous les pivots des axesaussi petits que possible, relativement au degré de force qu’ils reçoivent du moteur;il faut surtout qu’ils soient bien trempés, bien ronds et bien polis. Les pivots del’échappement doivent rouler dans les trous en saphir ou en rubis. U est convenableque ces trous ne soient pas cylindriques; ils favoriseraient la liberté des mobiles s’ilsétaient un peu plus larges aux extrémités qu’au milieu. Les montres, dans la positionhorizontale, éprouvent moins de frottement que dans la position verticale. Il fautpour obvier autant que possible à cet inconvénient, qui peut occasionner des varia-tions dans la marche de la montre, faire les bouts des pivots des axes de l’échappe-ment, qui roulent sur des plaques garnies en diamant, autant plats que possible, afinde leur ôter le surplus de liberté qu’ils auraient si les extrémités des pivots étaientrondes ou coniques. Il faut surtout que l’huile que l’on met aux pivots et dans le res-sort moteur soit parfaitement bonne, que le barillet soit assez élevé pour pouvoircontenir un ressort haut plutôt qu’épais de lame. Les ressorts très-hauts conserventplus longtemps leur élasticité, et, comme ils se développent constamment sur unplan droit, ils sont moins susceptibles de frotter au couvercle et au fond du barilletque les ressorts bas de lame, qui pelotonnent assez habituellement quand ils se dévelop-pent dans le tambour qui les tient emprisonnés. Il faut que le spiral agisse constam-ment sur un plan parallèle à la platine et au balancier sur lequel il est placé; il fauten même temps que le centre de ce spiral, quand son extrémité extérieure est atta-chée au pilon qui est fixé sur le coq ou sur la platine, passe dans la ligne des deuxtrous de l’axe, de manière à laisser le balancier parfaitement droit sur la platine, etlibre de se mouvoir sans être sollicité d’un côté ou d’un autre par une tendanceanomale du spiral.
Si l’on voulait obtenir l’égalité de durée dans les vibrations du balancier, il faudraitemployer un ressort spiral dont les lames, depuis le bout intérieur jusqu’au bout