DE L’HORLOGERIE
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extérieur, iraient en diminuant; par ce moyen, les petites vibrations s’accompliraienten un même temps que les grandes; ce qui produirait un isochronisme approximatif;mais il faudrait, pour arriver à ce résultat, que le spiral fût parfaitement bien fait,ce qui est très-difficile.
DE l’ÉCHAPPEMENT LIBRE A DÉTENTE A RESSORT.
Cet échappement fut inventé par Pierre Le Roy , qui s’en servit avec succès dansses montres dites à longitudes. Ferdinand Berthoud , dont le talent ne fut jamaisl’objet d’un doute, et qui rendit de si grands services à l’horlogerie, se montraitsouvent injuste envers ses compétiteurs, et ce fut rarement qu’il leur laissa le mérited’une invention utile à l’art; il la leur disputait par tous les moyens possibles, oubien il en faisait honneur aux artistes qui ne vivaient plus, parce que ceux-ci ne pou-vaient plus être ses rivaux et partager la gloire qu’il avait acquise. Ce fut ainsi quecet homme justement célèbre chercha à prouver, dans son Traité des Horloges mari-nes , qu’il était le véritable inventeur de ces sortes de machines, propres à trouver lalongitude en mer, et qu’il avait aussi inventé l’échappement à détente à ressort.Pierre Le Roy, dont le génie égalait au moins celui de Berthoud , ne pouvait pas gar-der le silence devant de telles allégations, qui pouvaient lui porter un grave préjudiceet qui étaient contraires à la vérité : il publia un mémoire dans lequel il prouva, pardes dates précises et par des témoignages irrécusables, qu’il était le véritable auteurde l’échappement libre à détente à ressort et de plusieurs autres inventions que sonhardi et peu scrupuleux rival voulait s’approprier.
Pour que nos lecteurs puissent juger en connaissance de cause le conflit qui s’élevaà cette occasion entre les deux plus grands horlogers du siècle passé, nous allonsreproduire ici quelques passages du mémoire que publia Pierre Le Roy , en 1773, pourréfuter les erreurs de Ferdinand Berthoud (1).
« Ce serait en vain qu’on aurait trouvé dans le ressort spiral un moyen de rendreles vibrations du balancier parfaitement isochrones, si, dans l’application qu’on enferait à la montre , cet isochronisme était troublé ou altéré, soit par quelque influencede la force motrice, du rouage, etc., soit par quelque frottement considérable que cebalancier lui-même éprouverait.
» Il faut donc que dans une montre marine le régulateur soit disposé de manièreque ses vibrations soient aussi libres et aussi à l’abri des frottements qu’il se peut; ilfaut, de plus, que la force motrice, dans la restitution de mouvement qu’elle lait.à cerégulateur, restitution opérée par la dernière roue au moyen de ce que l’on appelle1 "échappement, n’altère que le moins possible cette liberté précieuse. Nous devons ici
(l) Précis des recherches faites en France depuis l’année 1730, pour la détermination des longitudesen mer par la mesure artificielle du temps, par Pierre Le Roy, horloger du roi. A Amsterdam, et à Paris chez l’auteur, rue de Harlay. Broch. in-4°.