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Histoire de l'horlogerie depuis son origine jusqu'à nos jours : précédée de recherches sur la mesure du temps dans l'antiquité et suvie de la biographie des horlogers les plus célèbres de l'Europe / par Pierre Dubois ... Illustrations archéologiques exécutées sous la diréction de Ferdinand Seré
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HISTOIRE

quelle il avait fait placer précédemment les deux petitessphères mouvantes du même auteur.

Déjà, le 4L février de cette même année 1789, le cé-lèbre Lalande avait fait à l’Académie des sciences unrapport relatif à une erreur commise par les astronomeset relevée par Janvier, qui lui avait démontré l’inexac-titude des calculs sur les révolutions lunaires et en avaitprécisé la différence Ce fait seul aurait suffi pour leplacer à la hauteur des savants les plus distingués dudix-huitième siècle; mais la machine dont nous venonsde parler valut à son auteur, alors âgé de 38 ans, uneréputation que l’on qualifia justement d’européenne.

Cependant la révolution marchait à grands pas;Louis XVI, ramené de Versailles à Paris , avait trans-féré le siège du gouvernement et sa cour dans la capi-tale; Janvier, que son service d’horloger ordinaireappelait sans cesse auprès du roi, connaissant son goûtparticulier pour l’étude de la géographie, conçut et exé-cuta une pendule géographique indiquant l’heure danstous les départements, sans qu’il y eût une seule aiguillesur le cadran, qui représentait une carte de France d’une projection particulière. L’échelle des longitudesétait divisée en minutes de temps; elle était mobile etprésentait successivement toutes ses subdivisions auxméridiens qu’elle rencontrait. Cette machine, terminéeau mois d’octobre 4791, fut portée aux Tuileries pourêtre présentée au roi. Au jour indiqué, et quelques in-stants avant que Louis XVI parût, la reine se présentaet désira voir la machine. M. de Brézé la conduisit prèsde l’artiste, qui, lui parlant pour la première fois,s’empre.-sa de lui expliquer son ouvrage. La princesseécouta avec attention , puis demanda comment on voyaitl’heure.

Janvier lui fit d’abord remarquer le nom de la ville deParis sur la carte, et observer ensuite que le méridienqui le traversait descendait sur l’échelle des longitudesmobiles à la minute actuelle : « Supposons maintenant,dit-il, madame'', que vous voulez connaître l’heure qu’il

est dans un autre lieu, à Metz , par exemple. » A ce

mot, la reine, qui était baissée pour voir de plus prèsle cadran géographique, se relève vivement, fait un pasen arrière en lançant un regard foudroyant sur l’artiste,et passe avec ses deux enfants et M. de Brézé, qui lasuit. Janvier reste interdit, mais à l’instant il se rap-pelle le voyage de Metz , où le roi devait se retirer enfuyant de Versailles ; voyage dont le projet n’avait puêtre mis à exécution, et il ne douta pas que la reineavait pris l’indication faite au hasard de la ville de Metzpour unq.allusion mordante.

La reine, après réflexion , aurait dû pardonner à Jan-vier la faute involontaire qu’il avait commise ; mais lecoup était porté, cette malheureuse princesse croyaitvoir partout des ennemis; elle crut l’artiste coupable;et, prévenant le roi contre lui, ce prince, quoiqu’iltrouvât la pendule géographique admirable et qu’il ma-

nifestât l’intention de l’acheter, fit dire bientôt après àJanvier qu’il refusait absolument son horloge.

Ce fut ainsi qu’il perdit la confiance de Louis XVI ,avec qui, depuis qu’on l’avait ramené de Versailles àParis , il avait passé fréquemment des nuits (depuis 41heures du soir jusqu’à 2 heures du matin) à observerles satellites de Jupiter à l’aide d’une forte lunetteastronomique placée au palais des Tuileries , dansun petit observatoire que le roi avait fait disposerexprès.

Pendant les orages de la révolution, Janvier fut en-core utile aux sciences et aux arts, tout en servant lapatrie, pour laquelle il eut constamment un amour sin-cère et éclairé. Chargé de diverses missions, soit pourla fabrication des armes, soit pour l’établissement deslignes télégraphiques, soit enfin comme membre de lacommission temporaire des arts, adjoint au comitéd’instruction publique, il remplit ces diverses missionsavec l’intelligence supérieure qui le distinguait, l’acti-vité et le courage dont son âme énergique était douée.

En 4800 , Janvier, qui avait repris ses études et sestravaux habituels, présenta à la classe des sciences del’Institut une sphère mouvante qui fut l’objet d'un rap-port de M. Delambre, rapport où l’on accorde à l’artistedes éloges mérités et des encouragements flatteurs.

En 4 802 , il présenta à l’Exposition des produits del’industrie française une autre sphère mouvante, quilui valut une médaille d’or, mais qui ne put être jugéepar l’Institut, parce que la description de cette machinese trouvait consignée dans l 'Histoire de la mesure dutemps, publiée par Ferdinand Berthoud . (Nous avonsnous-même donné la description de cette machine àl’article Horloges astronomiques.

A l’Exposition de 1806, Janvier offrit une machineavec le système d’équation du temps par les causes quila produisent. Cette pièce, construite exprès pour servirde modèle à des pendules à équation, mais d’un genreabsolument neuf, fut parliculièrement mentionnée dansle rapport du jury, qui contient, pour l’auteur, un nou-vel hommage rendu à son talent.

En 1810, il publia les Étrennes chronométriques , surun plan plus étendu que celui qu’avait conçu Pierre LeRoi en 4760. Ce livre, quoique rempli d’excellenteschoses, n’eut point le succès que l’auteur s’en promet-tait ; il fut confondu, à cause de son titre, avec cettefoule d’almanachs qui paraissent à la fin de chaque an-née. Ce qui prouve que ce titre nuisit à la publication,c’est que ce même livre réimprimé, en 4 815 et 1824,avec quelques additions peu importanles, mais sous letitre plus convenable de Manuel chronométrique , etc.,fut beaucoup mieux accueilli par le public.

Janvier publia successivement l’Essai sur les horlogespubliques à l'usage des communes rurales, 4 vol. in-8;les Révolutions des corps célestes par le mécanisme desI rouayes, 1 vol. in-i; le Précis des calendriers civil et