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» pour trouver des fonds sans charger nos sujets de Languedoc » et de Guyenne de nouvelles impositions , quoiqu’ils fussent» plus obligés d’y contribuer, puisqu’ils en recevront les pre-» miers et plus considérables avantages, et nous nous sommes» arretés à celles qui nous ont paru les plus supportables et les» plus innocentes , à l’exécution desquelles étant nécessaire de» pourvoir. A ces causes, etc.
L’espoir de Louis xiv ne fut point trompé ; l’entreprise dela jonction des deux mers se trouva terminée après quatorzeans de travaux. On y avait employé habituellement huit milletravailleurs, et le nombre en avoit été quelquefois porté jus-qu’à douze mille. Cet ouvrage coûta au Roi et à la province deLanguedoc l’équivalent de 30,575,790 liv. monnoie d’aujour-d’hui (1).
D’Aguesseau, intendant de Languedoc et commissaire duconseil , visita le Canal, reçut les ouvrages , fit mettre l’eau ets’embarqua le i 5 mars 1681 , à l’embouchure du Canal dansla Garonne , pour essayer la première navigation. Il fut jointà Castelnaudary par le cardinal de Bonzy, archevêque de Nar-bonne , et par les personnages les plus considérables de la pro-vince : ils continuèrent avec lui ce voyage jusqu’à l’étang deTliau et au port de Sette.
Les mémoires du temps nous apprennent que, par-tout surleur route, l’affluence fut prodigieuse pour jouir d’un spectacle sinouveau ; par-tout les acclamations , les bénédictions des peu-ples les accompagnèrent: on éprouvait déjà l’ivresse du bienfaitsignalé accordé au commerce, à l’agriculture et à l’industrie ;on pressentait le bonheur qui devait résulter de tous ces avan-tages.
(1) Voyez la note iv, aux notes et pièces justificatives.