285
participer aux mêmes avantages ; il faut donc que l’art vienneau secours de ces pays, d’ailleurs favorisés par de très-bonnesqualités de teri'ains.
Si chez les Egyptiens, les Grecs ou les Romains, il s’était pré-senté un homme qui eût dit : J’ai une machine extrêmementsimple , un outil , comme l’appelle son auteur , qui n’exigeaucun soin , aucune habileté pour être mise en mouvement,qui peut prendre l’eau d’un récipient principal et la porter aufaîte des collines qui l’avoisinent, d’où elles se répandront surles pentes de ces collines pour arroser les terres ; dans ces paysoù les objets d’utilité publique étaient placés au premier rang,on aurait regardé l’inventeur de cette machine comme un bien-faiteur de la société : une pareille machine est connue, c’est lebélier hydraulique de l’ingénieux Montgolfîer ! Les avantagesde cette machine sont encore contestés : dans le midi de laFrance , nos terres desséchées par la chaleur, manquent del’eau qu’il serait si aisé de leur procurer ; et en Angleterre , oùles champs n’ont pas le même besoin d’être abreuvés , le célèbreWatt, celui à qui la pompe à feu doif'ses perfectionnemens lesplus essentiels, a, le premier, rendu hommage à l’utilité dubélier hydraulique, en l’employant dans ses terres, depuis plu-sieurs années.
J’appliquerais donc cette utile machine aux moindres coursd’eau naturels ou artificiels , et dans ce cas-ci, aux récipiensprincipaux qui coulent dans le fond des vallons, où est con-duit le Canal du Midi , et aux contre-canaux supérieurs à sonlit , afin d’entretenir dans les parties plus élevées un canalalimentaire qui, en déversant les eaux sur des terres souventfrappées de sécheresse, procurerait des récoltes abondantes etcertaines.
Afin de pouvoir apprécier les effets du bélier hydraulique ,